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La mort de deux jeunes garçons
Exécutés par une patrouille allemande
Jean Renard nous commente cette triste tragédie
Le 14 Mars 1944, au carrefour dit des
« quatre routes »
situé sur la commune de
Condé-sur-Sarthe, deux jeunes garçons sont mitraillés par erreur par des soldats allemands.
Il s’agit de
Pierre Boixel
17 ans et de
Pierre Chapelain
29 ans, tous deux étaient
employés de la famille Fould, propriétaires du château de Vervaine alors occupé par l’armée
allemande, depuis le début de l’occupation.
Pierre Boixel
, était apprenti cuisinier, ses parents bien connus des alençonnais tenaient
à cette époque l’hôtel du Grand St Michel.
Ce jour là, les deux garçons comme tous les soirs, revenaient du travail à vélo, lorsqu’ils
furent interpellés par la patrouille chargée de surveiller les allées et venues du carrefour. Ils
connaissaient habituellement cette patrouille, qu’ils rencontraient quotidiennement et ils leurs
arrivait même de plaisanter avec les soldats ; malheureusement ce soir là, la patrouille avait
été remplacée et ils avaient l’ordre de tirer sur un homme identifié comme un terroriste
portant des vêtements clairs et qui était descendu d’un train, quelques heures auparavant en
gare d’Alençon. La patrouille ouvrit le feu sur ces jeunes gens qui n’avaient pas répondu aux
sommations.
Pierre Chaplain
fut tué sur le coup,
Pierre Boixel
vêtu d’un imperméable clair
fût très grièvement blessé.
La patrouille allemande convaincue d’avoir abattu le résistant recherché chargea le
corps de
Pierre Boixel
sur un side-car et défilèrent dans les rues d’Alençon pour bien montrer
aux alençonnais le sort réservé aux terroristes.
Après plusieurs heures de ce défilé macabre le pilote du side-car s’apercevait que le
corps de ce malheureux
Pierre Boixel
présentait des signes de vie et qu’il gémissait
faiblement ; il fût alors décidé de le déposer à la clinique Saint Joseph où il décéda au matin
du 15 Mars. Le jour de ses obsèques, une manifestation contre les allemands eut lieu en
présence d’une foule importante venue d’Alençon et des environs, le cercueil arrivait au
cimetière Notre Dame alors que les dernières personnes ayant assisté à la messe sortaient
encore de l’église. Toute la ville d’Alençon tint à témoigner sa sympathie à l’hôtelier bien
connu, le père de Pierre Boixel. Quelques jours plus tard le milicien qui avait dénoncé le soi-
disant résistant aux vêtements clairs fût abattu dans la côte d’Hesloup.
Un monument fut inauguré près de ce carrefour en leur mémoire lors de la dernière
mission qui eut lieu à Condé-sur-Sarthe, en Mars 1948.