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La Carrière du Hertré
Elle est située sur la commune de Condé, sous la Boissière, près du domaine du Grand
Hertré, on y accède par la rue du Château d’eau. Cette carrière existait bien avant les guerres.
Je possède une carte postale datée de 1908, le fils écrit à ses parents, la famille Drouère qui
exploita ce lieu, jusqu’en 1914. Elle repris sûrement son activité en 1920, après la grande
guerre, mais je ne sais pas qui l’exploitait, Mr Bourdas peut-être. Elle reprit son activité sitôt
la fin de la guerre 1939-1945 avec Mr Léon Mordefroy, fabricant de monuments funéraires.
Son magasin, était installé Grande rue Alençon et son atelier, rue de la Poterne. Ces
ateliers qui étaient implantés sur cette portion de rue, sont aujourd’hui démolis, ils ont été
remplacés par un parking, où se tient le marché le jeudi.
Cette démolition a laissé place à la restauration des remparts de la vieille ville, un grand
mur de soutènement du jardin d’Ozé, édifice très ancien.
Rue de la Poterne, Mr Mordefroy, fabriquait surtout des monuments en ciment granito
poli. En 1948-1950, Mr Robert et Claude Rouault, un camarade d’école placé dans cette
maison apprenti marbrier, travaillaient à la création de ces monuments. Je lui rendais souvent
visite en passant, ayant moi aussi commencé à travailler. Souvent, le soir, à la fin du travail,
nous faisions route ensemble puisque nous habitions le même hameau. Au travail, je le
voyais revêtu de son grand tablier de caoutchouc, de ses bottes, il manoeuvrait la polisseuse
avec adresse, sous le regard de Mr Robert, maître ouvrier marbrier. Avec Caddy, c’était le
surnom de Claude Rouault, nous étions très liés, faisant du cross ensemble au stade Jacques
Fould, avec comme entraîneurs MMrs Renard et Héron. Mais nous pouvions difficilement
concilier, sport et travail, si bien qu’au bout de deux années, nous abandonnions le cross
presqu’à regrets.
Les réalisations
Pour la pierre indispensable à la réalisation de beaux monuments, Mr Mordefroy la
faisait venir d’exploitations diverses. C’est ainsi que sentant les besoins futurs, il remit en
marche cette carrière du Hertré, au beau granit blanc. L’après guerre connut une période faste
pour honorer la mémoire de tous ces héros résistants libérateurs, par l’édification de
monuments, de stèles de commémoration. Donc de cette carrière, la main d’œuvre étant
présente sur le secteur, de belles réalisations allaient sortir. La Galochère, les Aulnays,
Courtemiche, Alençon cité administrative, le beau monument de Fyé, représentant un char
presque grandeur nature, le monument des quatre routes,à Condé-sur-Sarthe (maintenant
rond-point) élevé à la mémoire de jeunes gens travaillant au château de Verveine. Ceux-ci
regagnaient la ville après leur travail, les Allemands en patrouille les arrêtèrent. Ils prirent
peur et voulurent se sauver : Les Allemands croyant avoir à faire à des terroristes les
abattirent sur place. Voir page 55 le récit exact donné par Jean Renard de cette triste
fusillade.
Les Ouvriers
En 1945, Mrs Giffault, Firmin, Godemer, Bertolini, Marchand, Hureau, Chazey,
Pellegrini, et quelque temps après Bernard Mauclair, et bien d’autres travaillèrent à tour de
rôle sur ce site.C’est donc ces hommes, qui avec leurs connaissances, leur savoir,
participèrent à l’extraction, la taille et la réalisation de ces chefs d’œuvres. On commença par
construire une forge, installer l’électricité, le magasin bureau, les hangars de taille ou ateliers.
La carrière étant pleine d’eau, une pompe fut installée, une fois vide, l’extraction pouvait
débuter. Un événement pour la Jardinière, qui revivait de son passé, longtemps le granit
avait été l’activité principale de ce quartier, et de la commune en général.