Mémoire de Condé sur Sarthe - page 58

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A la terrasse
C’était l’enseigne du Café Epicerie (
A la Terrasse
) de «
la Jardinière
» aujourd’hui
disparu. Autrefois, il existait deux cafés à la Jardinière. Mme
Cornu
au N°21 actuel qui
s’installera plus tard à «
la Pépinière Beauséjour
». Mr et Mme Girard, tenaient (
A la
Terrasse
) au N°24 actuel, dans les années 1930. Le propriétaire de ce fond de commerce était
Mr Louis Cornu, fils du N°21, agriculteur au Pont Percé. Son frère Pierre habite au N°14, une
ancienne grange que son père avait transformée, en maison d’habitation. Des cafés il y en avait
toujours dans tous les hameaux à cette époque. Ainsi au bourg de Condé il y en avait deux, à la
Boissière deux aussi et au Pont Percé une auberge, qui devint Epicerie Café.
Mr et Mme
Girard
, plus tard, s’installèrent à Alençon, toujours la même activité mais
avec le lait, les légumes, les fruits et puis l’épicerie, face à la Halle au Blés, tout près de la
bijouterie Herbin : le couloir séparait les deux maisons. C’est d’ailleurs dans ce lieu que nous
déposions nos vélos lorsque nous allions en ville afin d’effectuer quelques courses dans divers
magasins, avec maman. Ce couloir menait à la salle de café, qui était très fréquentée par les
amis et clients.
Le commerce de ces petits débits dépendait surtout de l’activité du quartier. A la
Jardinière, c’était la forge et les carrières. A la Boissière, la scierie, la boulangerie, le coiffeur,
le charron forgeron, le menuisier et le mécanicien auto. L’agriculture, également très répandue
sur la commune, favorisait le commerce, le tabac pour les hommes, les commissions pour les
femmes, l’épicerie, le cidre que l’on allait chercher au litre. Je vois encore la tireuse de cidre, à
la Terrasse, en entrant à gauche, qui était reliée au tonneau à la cave. La journée finie, les
ouvriers allaient boire une chopine avec le copain ou disputer une partie de cartes.
Mme
Denis
, de son petit nom « Rachel » jeune mariée avec Jean, ayant quelques
économies, prirent le relais de Mr et Mme Girard, seulement quelques mois et durent arrêter,
pour raison de santé. Plus tard, ils eurent un fils Yves
Puis Mr et Mme
Bignet
, (je fus très ami avec Jean et Renée leurs enfants), restèrent
jusqu’en juillet 1939. Mme Bignet, était une personne très gentille et avenante. Ses parents Mr
et Mme Poirier habitaient la Jardinière, N°7 actuel.
Mr et Mme
Bryant
, prirent la succession de Mr et Mme Bignet. Mr Bryant était
transporteur, c’est d’ailleurs avec lui que j’eu le plaisir de découvrir la mer, lors d’une sortie en
camion. Mes parents étaient amis avec cette famille, de deux enfants, Bernard et Jacqueline,
puis Eliane et Serge, vinrent grossir la famille. Le petit Serge fut victime d’un grave accident
malheureusement mortel. Une voiture le renversa, il fut tué sur le coup au lieu-dit
« Beauséjour » le chauffeur ayant été aveuglé par le soleil. La maman, heureusement retirée du
commerce à ce moment-là, en tomba malade de chagrin et tous les voisins furent très peinés
par ce drame terrible.
Mr et Mme Bryant subirent la guerre et les restrictions. Ce n’était pas facile de travailler,
avec les cartes rationnement et les tickets. Malgré tout, ils restèrent dix ans, et ce n’est qu’en
décembre 1949 qu’ils quittèrent les lieux.
Mr et Mme
Pézeril
, nouveaux locataires de ce café, redonnèrent un bon coup de
jeunesse et de propreté à ce commerce. Il en avait bien besoin après toutes ces années noires.
Mr Pézeril, lui aussi, possédait un camion. Ils avaient deux enfants, Michel et Joël, plus jeunes
que moi. Ils ne restèrent que trois ans dans ce commerce malgré tout pénible, car l’escalier en
granit, à l’extérieur était fatiguant, et Mme Pézeril n’avait pas trop de santé, mais elle était très
agréable.
Ensuite ce fût Mr et Mme
Correia,
début 1952, là tout changea, cette petite bonne femme
avait la bosse du commerce. Son mari était maçon, tous les deux entreprirent des travaux, firent
des changements intérieurs importants.
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