Mémoire de Condé sur Sarthe - page 124

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Août 1947 : l’incendie du Moulin de Condé
Propriété de Pierre Bourgine, le Moulin était exploité par Mr Royer depuis août 1946.
Avant la guerre 1939-1945, les Parents de Mr Bourgine avaient exploité ce Moulin, Pierre
Bourgine avait succédé mais une rénovation s’imposait et depuis plusieurs années le Moulin
avait cessé de fonctionner.
En 1944-1945, Mr Picard rénova ce magnifique édifice mais n’obtint point
l’autorisation de remise en route malgré toutes les démarches qu’il effectua. Il faut dire que
la guerre n’était pas encore finie. La paix revenue Mr Royer tenta de nouveau et obtint cette
autorisation. Ainsi, après de multiples réglages, et mise au point il avait réussi à remettre en
route ce magnifique Moulin et, depuis une année, il tournait à nouveau et la clientèle
grossissait. Lucien Chesnot assurait les livraisons, conduisant le camion. Un travail pénible !
Monter les sacs de 100 kg dans les chambres à farine chez les boulangers à travers les petits
escaliers étroits, parfois trois étages, n’était pas de tout repos. Le sac devenait de plus en plus
lourd au fur à mesure des étages gravis ! Ouf et ouf … lorsqu’il arrivait en haut. De plus ? ce
n’était pas lui qui chargeait le camion, c’était le patron et il faisait le plein, je vous assure !
Certaines maisons étaient très dures, avec des escaliers très raides, quand il ne fallait pas se
baisser pour éviter une poutre. Quel bagne ! Il fallait de la force et de l’endurance car le
camion contenait 40 sacs, quatre tonnes le matin et autant l’après midi. Voyez un peu le
travail.
De nos jours, les livreurs ne font plus ces corvées. Les camions sont équipés de
compresseurs et de tuyaux souples que l’on raccorde à une tuyauterie prévue qui rejoint la
chambre à farine. Celle-ci est soufflée dès la mise en route du compresseur et le chauffeur
décharge ainsi le contenu de son camion.
Mais revenons à la soirée du 29 Août 1947 lorsque ce bâtiment de cinq étages fut
ravagé par un gigantesque incendie d’une violence inouïe. Vers 21 heures 45, Mr Royer se
trouvait avec son fils au premier étage lorsqu’ils furent frappés par une odeur caractéristique
de brûlé, semblant venir des étages supérieurs. Arrivés au troisième, une fumée opaque
abondante les aveugla. Réalisant immédiatement l’ampleur du sinistre, Mr Royer envoya son
fils prévenir Mr Bourgine afin d’appeler les pompiers. Un quart d’heure plus, tard la
compagnie des sapeurs pompiers arrivait sur les lieux et la lutte s’organisait rapidement.
L’eau ne manquait pas, la rivière étant là, mais le feu à une vitesse stupéfiante avait déjà
gagné les trois étages, proie des flammes. En un rien de temps, ce grand bâtiment flamba
comme une torche.
Moins d’une heure après, le toit s’écroulait ! Les flammes, les étincelles, montaient
dans le ciel. Sous la poussée des lances, les pierres se détachaient du haut de la bâtisse,
menaçant de blesser ces valeureux pompiers faisant l’impossible pour combattre ce brasier.
On a dit que la lueur était si grande que le bourg était éclairé comme en plein jour.
Enfin, vers une heure du matin, le feu se calma. Hélas, il ne restait plus que quatre
murs surchauffés. Toute la nuit, les pompiers restèrent sur les lieux. D’après l’enquête, un
court-circuit serait à l’origine de la catastrophe, rejetant tout acte de malveillance. Du moulin,
il ne restait rien, tout avait brûlé et l’intérieur était réduit à un amas de ferraille, gravats et
débris calcinés. Il n’y a pas eu de blessés ni de victimes, malgré le risque pris par les
pompiers. Le moulin ne fût jamais reconstruit ; on l’appelle maintenant « le Moulin brûlé »
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