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Il avait la main écrasée et perdait son sang en abondance. Mme Lapasse, ne perdant
pas son sang froid, lui fit un garrot au bras et appela à l’aide. On attela le cheval à la
carriole, afin de le transporter à l’hôpital. Malgré tout, il fallut l’amputer de la main gauche.
Mr Préaux, après cet accident, restera quand même au service de Mr Pastoureau. A la
place de la main il avait un crochet
(impressionnant
), pour nous les enfants. Son fils Guy,
me vantera souvent les qualités de son père et l’adresse qu’il possédait, malgré son
handicap. C’est la guerre, qui obligera Mr Pastoureau en 1940 à l’arrêt de la carrière, ce qui
mettra bien des foyers en difficultés.
En 1942, Mr et Mme Préaux qui habitaient au 3 rue de Beauséjour actuel,
déménageront pour le palais de justice d’Alençon, où ils deviendront concierges. Ils
resteront d’ailleurs dans cette place pendant près de 50 ans.
La reprise de l’activité de la carrière.
La Société Guilmin était propriétaire des carrières de Beauséjour, de la Tour et de la
Jardinière qui comprenait deux carrières inexploitées depuis le début de la guerre, et bien
avant pour la Jardinière. Cette Société, avait l’intention de vendre depuis longtemps.
La Société des granits d’Alençon, devint propriétaire par l’achat de la carrière de
Beauséjour le 20 Mai 1944 avec comme gérant statutaire Mr André Calvet, industriel. Le
siège social de cette Société, était à Alençon 14 rue des Hameaux.
Sous le contrôle de Mr Cuzol, demeurant à Paris, ingénieur du Gouvernement. Mr
André Calvet reprit l’exploitation de cette carrière, sitôt après la libération, dans le dernier
trimestre de 1944. Avec la guerre toute activité avait cessé depuis 1940. La carrière s’était
remplie d’eau.
Mr Cuzol ayant besoin de pierres de granit immédiatement, les ouvriers nouvellement
embauchés, attaquèrent un découvert sur les grands rochers au dessus de la grande étendue
d’eau, en face des bâtiments, bureau ateliers de taille et usine. La pierre extraite ne valait
rien ! Ils durent abandonner.
En 1951, Fernand Chazey et mon père Gilles Pellegrini, dans un premier temps,
louérent la carrière à la Société des Granits d’Alençon et commencèrent de nouveau à
l’exploiter.
A Beauséjour, la pierre était plus belle, surtout plus régulière dans la teinte. A la
Jardinière le granit était tantôt bleu tantôt jaune, d’un morceau à l’autre sans savoir
pourquoi.
En 1952, Jean Bertolini entra dans l’association de Chazey et Pellegrini. Mr Calvet
leur fit une promesse de vente, ce qui permit d’envisager le pompage de la grande étendue
d’eau et une installation plus rentable.
Pierre Bertolini fils de Jean, remit en marche une pompe puissante. Une ligne
électrique fut installée partant de l’usine où le compteur électrique venait d’être réinstallé
La pompe fut mise en place, les tuyaux raccordés. Un caniveau de trop plein existait à
cette carrière, passant sous la route du Temps Perdu et sous le terrain de la laiterie pour
regagner la rivière la Sarthe. On utilisa ce caniveau pour évacuer les eaux de cette grande
mare que la pompe éjectait. Adieu la baignade ! ce qui ne faisait pas l’affaire de tout le
monde.
A raison d’un débit de 30 m3 par heure, sous surveillance journalière, avec graissage
et entretien, la pompe fonctionna nuit et jour pendant six mois. Calculez les mètres cubes
que cela pouvait représenter. On dut même déplacer plusieurs fois l’ensemble pompe
tuyaux, l’aspiration devenant trop importante ce qui diminuait le débit.