Mémoire de Condé sur Sarthe - page 135

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Industrie. Matières extractives (suite).
Au nord de la commune sur le hameau de Montperthuis, on exploitait à la fin du 18
ème siècle, un banc de kaolin qui était utilisé dans les tuileries des environs d’Alençon.
Ce fut le premier gisement de kaolin, découvert en France en 1746, par l’académicien
Guettard. Ce savant eut le mérite de reconnaître, que la terre blanche que les potiers
d’Alençon et d’Hesloup mélangeaient à leur argile, depuis plus de deux cents ans n’était
autre que du kaolin. Rappelons qu’à cette époque, on devait importer le kaolin de Chine à
grands frais, pour fabriquer la porcelaine. En Saxe, c’est en 1709 que l’on avait découvert le
premier gisement. C’est dire l’importance que l’on attribua à ce filon en le gardant tout
d’abord secret. (Texte relevé dans le guide touristique Normandie MAAIF de l’année 1966,
prêt de Pierre Marguerite).
Des recherches furent entreprises pour utiliser le kaolin de Montperthuis, dans la
fabrication de la porcelaine à la manufacture de Sèvres, et à la faïencerie de Saint-Denis-sur-
Sarthon. Les résultats ne furent pas satisfaisants. Notre kaolin renferme en effet de très
nombreux grains de quartz, et de plus, le mica donne à la pâte une couleur grise, parfois
rouille, fort désagréable. Quelques années plus tard, le kaolin de Saint-Yriex, beaucoup plus
pur était découvert, aussi notre kaolin perdit-il rapidement la célébrité qu’il avait connue. Il
continua néanmoins à alimenter les industries locales.
Si l’on songe que la découverte du kaolin de Saint-Yrieix a permis à Limoges de
devenir la grande cité de la porcelaine, comment ne pas regretter que l’imperfection de notre
terre l’ait fait écarter de cette industrie. Son extraction et son utilisation n’auraient pas
manqué d’apporter un surcroît d’activité considérable à notre région.
Je me rappelle, que mon père allait chercher de ce kaolin, pour refaire le foyer de sa
forge. Il se présentait sous la forme d’une pâte blanche, avec des taches de rouille et des
micas.
Le kaolin d’ailleurs, se rencontre sur beaucoup de points du territoire de Condé ; dans
le bourg, au, Pont-Percé, dans le parc de Verveine et dans les communes environnantes.
Notre sol pourrait encore fournir du marbre. Il en existait, près du village de Châtillon,
une très ancienne carrière. Ce marbre était noirâtre, parfois veiné de blanc. Près de la maison
d’école il y avait une carrière de sable calcaire qui contenait un peu de marne et pouvait
servir à l’amendement des terres argileuses. Enfin le grès de l’arkose, que l’on trouvait près
du village des dragées, a été employé autrefois pour l’entretien des chemins.
On peut conclure que le territoire de Condé était assez favorisé sous le rapport des
pierres utiles et des pierres rares, dont les principales étaient le granit et le quartz d’Alençon.
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