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Les Guinguettes
On appelait guinguettes, les petits bals des années 1925-1939 où la jeunesse se
retrouvait pour passer d’agréables moments. Dans ces temps là, pas de voitures, très peu de
vélos, on allait à pied, et les kilomètres ne comptaient guère. Autour d’Alençon quatre
guinguettes, attendaient les clients et rivalisaient d’attention.
« Le Robinson »
Situé sur la commune de Condé-sur-Sarthe, près du pont de Saint-Germain-du-Corbéis,
avec ses bosquets, ses tables, ses tonnelles, ses barques sur la Sarthe. Mr Chambrelan était le
propriétaire. Cet établissement changea de nom avec les successeurs, Mr et Mme Lelièvre : il
devint
« Le Rendez vous des Pêcheurs »
(Café Restaurant Pension). Alençon centre n’était
qu’à deux kilomètres et, en ces temps là on marchait. Et puis il y avait les ouvriers carriers, qui
prenaient pension. A Saint Germain, Pension Thouin, à Condé « La Pépinière », chez Mme
Cornu, et Mme Lelièvre, le pont.
La salle de bal se trouvait en contrebas dans le jardinet planté de fleurs diverses
embaumant ce lieu annonciateur de bons moments. La rivière était là, toute proche, avec ses
barques plates. Les jeunes gens adoraient faire un tour, dans le calme, avec les nénuphars que
les jeunes filles cueillaient au passage. Quel plaisir !
Avec les camarades du conseil de révision, nous fîmes un repas préparé par Mme
Lelièvre. J’ai bien connu ce lieu de rendez-vous des promeneurs le dimanche.
Actuellement Mme Fourreau est tenancière du bar.
« Les Rosiers »
La deuxième guinguette se trouvait à un bon kilomètre de celle-ci, toujours sur la
commune de Saint-Germain-du-Corbéis. Elle s’appelait
« Les Rosiers »
, uniquement bal. Bien
sûr, elle possédait un bar ou « buvette ». (Comme l’on disait dans ces temps là), mais ce n’était
pas une maison de commerce. La Belle Charpente (derrière l’auto école actuellement) était le
hameau où se trouvait cette salle de bal. Les Alençonnais y venaient nombreux. La
fréquentation de certains individus faisait vite la réputation de tel ou tel endroit. Les garçons de
quartiers, connus pour êtres chauds, n’incitaient pas au rendez vous.
« Troisième guinguette »
A la barrière de Courteille, se trouvait la troisième guinguette,
« chez Goupil »
.C’était
l’Hôtel- Restaurant, situé tout de suite après le passage à niveau, en haut de la rue Cazault. Le
dancing était derrière la salle de Bar-Restaurant, en prolongement de la voie ferrée. C’était
avant la réalisation du souterrain. Ce lieu avait mauvaise réputation (Il était fréquenté par les
garçons de Courteille et du quartier de la gare, au coup de poing facile) : L’orchestre, malgré
tout était réputé, tel ou tel accordéoniste, suivi par ses adeptes, faisait la différence. La qualité
de la musique, attirait les danseurs et l’animateur-chanteur, se chargeait de créer l’ambiance
très agréable de l’endroit