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Suites des activités artisanales
-Le commerce de beurre et œufs de Mr
Chauleur
: en voilà un qui avait du verbe. Il eut
des démêlés avec les Allemands mais ne fut pas arrêté. Je n’habitais pas la Boissière et n’eus
jamais de contact avec cet homme, pas plus qu’avec son successeur Mr
Jouan
, qui continuait
le commerce des œufs. Son fils ayant repris l’activité, il ajouta le transport, ce qui, je crois, ne
lui avait pas réussi. Il quitta la Boissière.
-Un
mécanicien auto
,
Mr Renaud
, ancien mécanicien de la maison Mallet, était installé
au n°2 la rue des Dragées. Un homme peu bavard mais très gentil. Pierre Bertolini a fait son
apprentissage de mécanicien auto chez lui. Mr Renaud, avait appris à conduire à Mme Collet,
qui, pour élever ses petits-enfants, s’était mise à vendre des bonbons. Elle avait près de
soixante ans lorsqu’elle passa le permis de conduire avec succès. Elle conduisait une « Juva-
quatre », que Mr Renaud lui avait conseillé d’acheter. Elle vendait au marché et dans les fêtes
de quartier. Quel courage ! Son fils Roger était pâtissier. Pour commencer, Mme Collet vendait
les gâteaux, fabriqués par son fils, puis petit à petit elle ajouta des bonbons. C’est ce qui lui
permit d’élever ses trois petits-enfants, son fils étant séparé de sa femme.
-Mr
Tartier
, artisan
ébéniste,
fabriquait de très beaux meubles, salles à manger,
chambres à coucher, meubles de style très prisés des commerçants revendeurs. Il habitait la rue
des Dragées (n°17), la maison était surélevée et son atelier était de plain-pied avec le jardin.
Mr
Brière
s’était installé comme
mécanicien vélo,
dans un baraquement
en
bois,
construit dans un jardin près de la ferme de Mr Rouland. Sa femme était coiffeuse, son local ou
salon (c’était loin d’avoir le luxe des salons d’aujourd’hui) était en prolongement de l’atelier de
réparations vélo. En 1945, nous sortions à peine de la fin de la guerre et les vélos étaient le seul
moyen de transport. Encore fallait-il en posséder un !
-Dés le début du XX ème siècle, Mr
Riblier
, forge et charronnage, travaillait dans une
cour en contrebas au n°4 de la rue des Dragées. Forgeron, charron de métier, il réparait les
tombereaux, les charrettes, les cabriolets et toutes voitures hippomobiles. Il remplaçait ou
resserrait les bandages de fer, réparait et refaisait les moyeux de ces grosses et petites voitures.
Mr
Giroux
, prit la succession de Mr
Riblier
. Les voitures terrestres à moteur, n’étaient
pas encore très nombreuses. Les cabriolets et voitures de travail ne se remplaçaient pas tous les
jours, il fallait donc continuer à entretenir le matériel. Par contre, la forge était toujours
indispensable, l’outillage s’affute, se casse…
Puis nous arrivons après la guerre de 1939 1945, c’est Mr
Samson
qui reprendra la
maison. On vient de traverser une période difficile, la matière première manque, on a survécu
Mr Samson fera de son mieux pour bricoler, dépanner les clients toujours demandeurs.
On ne peut pas oublier, notre
coiffeur
national,
Denys Valentin
, l’homme qui me coiffait
déjà lorsqu’il était encore chez Mr Huveline en 1942-1943, rue du Collège à Alençon. C’est lui
qui me fit, comme à bien d’autres, la coupe à la brosse, c’était la mode. Il avait fabriqué une
gomina, pour nous faire tenir les cheveux droits. Pour notre maître d’école, Mr Rioux, qui avait
eu le plaisir de nous tirer les cheveux habituellement, il lui fallait mettre la main dans cette
poisse ! il pestait ! Avec Jean Lemarchand, il nous appelait les « pommadins ». Il fallait choisir
le moment pour aller chez Valentin, car il n’était pas toujours apte à vous couper les cheveux.
S’il avait trop apprécié la bouteille, il valait mieux revenir le lendemain.
De tous ces artisans, seule la boulangerie reprise par Mr Maurice Huard, à la suite de son
père, (et depuis fort longtemps à la retraite) a résisté. On a vu plusieurs noms se succéder, Dieu
merci elle résiste. Le pain est très bon, et la pâtisserie délicieuse, que demande t’on de mieux !
Tout cet artisanat si présent, jusqu’en 1980, bien avant pour certain, après pour d’autres,
tout a disparu, et ce, dans toutes les régions de France. Où va t’on ?
La coiffeuse résiste elle aussi, mais elle a du s’adapter, nous lui souhaitons bonne chance