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« La Croisette »
La quatrième guinguette était à Damigny :
« La Croisette »
. Au bas de la rue de
l’église, sur la droite, au croisement avec la rue principale, en face de l’auberge de jeunesse
actuellement. Une coîncidence, mes parents se sont connus à la Croisette, ma sœur a fait
connaissance de celui qui allait devenir son mari, à la Croisette, et moi j’ai rencontré ma
femme à la Croisette. Avouez que c’est curieux.
Un des orchestres réputés dans ces années 1925-1930 était celui des frères
« Lapasin » ? Il s’appelait « le jazz italien ». Guillaume (ou Willy) et son frère Louis tenaient
l’accordéon. Joseph dit « Titi » jouait de la trompette. Le batteur, était un fantaisiste qui mettait
de l’animation par ses chansons et jeux, dont il connaissait toutes les facettes.
Les frères Lapasin étaient des musiciens hors pair, ils jouaient à tour de rôle de
plusieurs instruments. Ils se produisaient un peu partout car ils étaient très demandés.
La salle des fêtes, avec un nombre plus important de musiciens, était leur lieu favori.
Clarinettes, saxos, banjos et piano à bretelles, le roi du bal, sans oublier le chanteur animateur
batteur, qui complétait l’orchestre. Ils avaient une tenue de soirée sous les lumières
multicolores manuelles, c’était la fête.
« Mr Rémy Collet »
.
Rémy Collet, était notre proche voisin. A la Libération, lorsque la bonne nouvelle s’est
répandue, il sorti son accordéon pour notre grand plaisir. Je me rappelle que nous chantions
avec le porte voix, on nous entendait jusqu’à la Boissière. Mme Collet jouait également de
l’accordéon, c’était une grande joie pour tous les enfants du quartier.
Ces guinguettes n’existaient plus dans les années 1945-1950. Elles furent remplacées
par des bals- chaumières, très fréquentés par la jeunesse, avec les fêtes organisées par les
comités de quartier. Je me rappelle les bals Houssemaine, avec le batteur Roger Lambert, le bal
Legaufre dit
« Milo »
avec René Ravé (batteur de toujours), les frères Leroux venus de la
Mayenne, avec l’orchestre Louchard, qui était également professeur d’accordéon.
Au micro, ils annonçaient la fête prochaine; ainsi les danseurs et danseuses se
retrouvaient le dimanche suivant. J’appris à danser la rumba, sur l’air de « Tico Tico ». J’avais
16 ans, c’était hier ! Tino Rossi, Edith Piaf, Gloria Lasso, Georges Ulmer, Georges Guétary,
Yves Montand, André Claveau, Annie Cordy, Jaqueline François, Yvette Giraud, Line Renaud,
Eddie Constantine, Jean Sablon, Jean Lumière… toutes ces vedettes de la chanson dont nous
fredonnions les succès, tout en dansant des après-midi entières, ou des soirées fort agréables.
« Les Succès du moment »
« La cabane au Canada », « Partons vite mon amour », « Pigalle », « Cerisiers Roses et
Pommiers blancs », « Le Dimanche au bord de l’eau », « La bonne du Curé », « La plus belle
des valse d’amour » , « Le tango vous invite », « Comme tout le monde », « La petite Eglise ».
Que de souvenirs !....
Les mamans, la grande sœur ou le grand frère accompagnaient les jeunes filles au bal,
difficile de tromper la surveillance.
Au départ ces chaumières étaient bâchées sur les côtés. Les bâches relevées, on pouvait
regarder les danseurs. Plus tard, ces chaumières se fermèrent par des panneaux, on les appela
« Bungalows », cela n’avait plus le même charme.