Mémoire de Condé sur Sarthe - page 162

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Les combats d’avions
A la libération, les combats d’avions, se passant bien souvent au dessus de nos têtes, la
mitraille mutuelle de ces avions déferlait sur nous, avec une quantité de douilles tombant tout
autour de nous. Quand ce n’était pas un avion en flammes. Nos parents exigeaient que nous
restions dans la tranchée. Lors des bombardements d’Alençon, tout le monde se retrouvait dans
cet abri, bien sommaire malgré tout.
Sur ce chemin, seuls les tombereaux et charrettes passaient. De grandes ornières où
passaient les roues à bandages de fer, de part et d’autre du chemin, étaient souvent pleines
d’eau ou de boue. Seul le sentier où passait le cheval était à peu près propre, pour y faire du
vélo.
C’était très risqué et, quelquefois, on se retrouvait allongé dans la boue. Au détour de ce
chemin, nous arrivions au ruisseau, que les charrettes traversaient à gué. Pour les piétons, un
petit pont de bois était aménagé sur le côté.
Que de moments passés, ma sœur et moi, à ce ruisseau, où nous trouvions une quantité
de petits cailloux de multiples couleurs. De petits bateaux (vulgaires morceaux de bois) placés
en aval, descendaient le cours d’eau. Nous étions tout heureux de les récupérer à la sortie du
petit pont.
La statue de la Vierge
Puis nous arrivions à la Bigottière, ancien manoir, devenu une ferme, exploitée par la
famille Guéranger. Mr et Mme Louis Guéranger avec leur fils Roger et son beau-frère Charles
Adde. Charles était marié à Juliette, sœur de Louis Guéranger, ce couple avait deux enfants,
Thérèse et Jacqueline cette petite fille avait mal à une jambe et se déplaçait très peu.
Après le passage du cours d’eau, il y avait un petit champ sur la droite, avec accès au-
dessus de la douve. Trois cerisiers aux fruits noirs et sucrés nous régalaient à la saison. Il
n’était pourtant pas facile d’y grimper, de peur de tomber dans la douve. Nous nous
contentions des branches donnant sur le pré. Puis venait le gros noyer et sur la droite, le chemin
d’accès au grand champ et à la mare, où s’abreuvaient les chevaux et les vaches laitières. En
face du noyer trônait (le gadage tout en pierre), ancien pressoir avec sa grosse meule de granit.
Puis venait le fournil, sorte d’atelier sans gros outillage et l’accès au jardin, avec le poulailler.
Une tonnelle de roses nous invitait à pénétrer dans ce jardin. Madame Adde, mère de
Jacqueline, avait installé un reposoir avec une statue de la Vierge où elle venait prier pour
demander la guérison de sa fille. C’était un endroit superbe, au milieu d’un parterre, en forme
de haricot, toujours garni de fleurs, un monticule de pierres couvert de verdure. Au sommet de
ce tas de pierres, on avait placé la statue de la Vierge tendant les bras. Jacqueline se déplaçait
difficilement, ne pouvant mettre son pied par terre, c’est au moyen d’une chaise où reposait sa
jambe qu’elle venait tous les jours faire sa prière en ce lieu. Ma sœur et moi adorions cet
endroit.
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