Mémoire de Condé sur Sarthe - page 171

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Beaucoup moins drôle était la chasse aux juifs que menait l’armée nazie : « le nom
Fould » était vite repéré, il fallait produire toutes les pièces d’état-civil et les certificats de
baptême de tous les membres de la famille paternelle, sur deux ou trois générations pour êtres
déclarés aryens.
Ainsi, pendant quatre années, le château fut assiégé. Pendant ce temps, Mr Jacques
Fould maire se dépensait sans compter au service de la commune, avec le concours de (Mr
Rioux) secrétaire de mairie instituteur.
Jacques Fould et ses adjoints (Mr Paul Bouet, Mr Ernest Royer, Mr Théophile Mallet) et
les élus des conseils municipaux qui se succédaient, faisaient face aux problèmes de main
d’œuvre dans les fermes, aux difficultés d’approvisionnement en carburants, pour la laiterie
(qui malgré tout, continuait à fonctionner), et les tickets de rationnement qui n’arrangeaient
rien, le travail ne manquait pas.
Les obligations
Les gardes de nuit, étaient obligatoires même le Maire devait assurer la garde, d’ailleurs
il remplissait son contrat avec beaucoup de sérieux. Deux par deux, les hommes valides de la
commune devaient surveiller, une nuit par semaine, la possibilité d’événements susceptibles
de se produire dans le ciel. Passages d’avions, largage de parachutistes, il fallait tout noter et
prévenir la mairie immédiatement. Il ne se produisait jamais rien vous pensez ! Cette garde se
tenait dans la plaine, entre les écoles et les « quatre routes ». Il y avait aussi réquisition de
main d’œuvre, pour travailler à la construction du terrain d’aviation à Lonrai. Les paysans
devaient
obligatoirement
fournir cheval et tombereau, pour transporter la terre et la pierre.
Mais la France trépigne, la Résistance est présente, et le Débarquement a lieu le 6 Juin
1944. Alençon est bombardé dans la nuit du 8 Juin, beaucoup de morts, les Allemands
s’affolent, et quittent Alençon pour Condé. La Kommandantur s’installe au château le 9 Juin.
Les officiers s’installent au château de Vaucelles. La Gestapo avec les «
Jardin
» et
«
Neveu
» au moulin, ces bourreaux qui feront régner la terreur dans toute la région.
Des exécutions ont lieu le 15 et le 22 Juin (la Galochère) 19 maquisards torturés, furent
exécutés dans cette carrière. Aux « quatre routes » deux jeunes gens sont tués, voir page 55.
Le 6 Juillet un combat d’avions au dessus de Condé terrorise la population. Le 17 Juillet
nouveau bombardement sur Alençon, 50 morts. Pendant ce temps nous nous terrons dans les
tranchées creusées par nos pères loin des maisons. Au château les occupants vivent dans la
cave, par peur des bombardements et du danger des munitions aux écuries ! Mais déjà de
bonnes nouvelles nous parviennent. Il nous faudra quand même attendre le mois d’août pour
être libérés, les Allemands sont sur le qui-vive, soucieux de l’avenir.
Que de morts malgré tout ! Ces pauvres malheureux mitraillés sur les routes de la
débâcle, ou les disparus sous les décombres des bombardements, ou tués en combattant ! Mais
la victoire approchait.
Le canon tonne très fort, le 12 Août 1944 la division Leclerc entre à Alençon. Une jeep
arrive au château avec à son bord Geoffroy de Bagneux officier du général Leclerc. Condé est
libéré, les Allemands ont quitté précipitamment le château dans la nuit, les troupes à bord des
blindés nous saluent au passage, on a peine à y croire mais çà y est : voilà nos libérateurs !
Dans la forêt, le canon gronde.
Condé n’a pas trop souffert, mis a part la «
Chapelle
», la ferme du bourg, dont les
étables furent la proie des flammes. Vervaine, l’habitation le domaine si beau, n’a pas souffert
La Normandie est à feu et à sang, des combats acharnés se poursuivent. Les
Américains, les Polonais, les Anglais vont multiplier leurs efforts pour enfermer les
Allemands dans la poche de Falaise. Bataille sanglante où chaque haie, chaque buisson sera
pris à l’arme blanche, tellement le terrain de ce bocage est difficile.
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