- 40 -
Fait et arrêté en présence des habitants dénommés au procès verbal, pour assister à
l’assemblée générale devant Mr le lieutenant général de baillage d’Alençon et y porter le
présent cahier des plaintes et doléances de cette paroisse.
Liste des habitants de la paroisse de Condé, qui ont signé le cahier de doléances.
F Garnache
Pierre Toréton
R Gaspard Nicole
Jean Ricordeau
René Lecamus
François Croisé
Pierre Beaudouin
F Pelletier
Ed Lecamus
René Vaugeois
P Lecomte
J Croisé
Paul Adde
Royer, Syndic.
Jean Blat
Pierre Foubert, greffier.
(1)On appelait billets de gabelle, les déclarations données par le receveur du grenier à sel de la
quantité de sel qu’il avait délivrée à chaque ressortissant. Les ressortissants de chaque grenier étaient
divisés en deux classes. Ceux de la première étaient tenus de lever chaque année le sel de pot et salière,
dans la proportion d’un minot par famille de quatorze personnes : c’est ce qu’on appelait le devoir de
gabelle. Les autres, considérés comme pauvres, avaient la faculté de s’approvisionner aux regrats.
Lorsque l’impôt d’une paroisse excédait la proportion d’un minot par famille, les collecteurs étaient
obligés de lever cet excédent.
On appelait sel de pot et salière le sel destiné exclusivement à la cuisine et à la table. La fixation à
un minot, de la consommation d’une famille de quatorze personnes, était pour le pot et salière seulement.
Ce minot appelé sel d’impôts ou devoir de gabelle ne pouvait être employé aux salaisons, sans une
permission spéciale, sur requête présentée à la fin de l’année.
Ceux qui voulaient faire des salaisons de chairs, de beurre et fromage, étaient tenus de le déclarer
aux officiers des greniers, et de lever le sel nécessaire à cet effet. Il leur était remis un bulletin qu’ils
étaient tenus de présenter à toute réquisition.
De là la distinction du billet rouge et du billet noir.
Lorsque les employés trouvaient des salaisons sans que l’on justfiât qu’elles étaient faites avec du
sel du grenier, elles étaient confiscables avec 100 livres d’amende et la restitution des droits. Comme les
ordonnances sur les gabelles n’avaient pas déterminé la quantité de sel nécessaire pour chaque livre de
salaisons, chair, beurre, ect, cette recherche était une source de vexations et d’abus.
La municipalité nommée par le département devant changer, la municipalité sortante
établissait un relevé détaillé des recettes et des dépenses, dont il fallut retenir pour l’essentiel
la réparation du chemin du bourg, 4000 pavés neufs en provenance du Hertré, 2500 pavés de
la même provenance mais de moins bonne qualité, plus des pavés de rebus pris sur la route de
Paris en Bretagne
Le compte rendu précise encore que le genre de travail le plus utile est la filature, tant
de chanvre que de laine. Que la commune n’a à ce jour que deux ateliers de charité. Qu’il n’y
a aucun mendiant, aucun vagabond sur la paroisse.
Le 7 Février 1790 eurent lieu les premières élections municipales. En 1790, il y a 213
ans, les moyens d’informations n’existaient pratiquement pas. Beaucoup de gens ne savaient
ni lire ni écrire. Les communes rurales n’avaient pas encore de garde champêtre ni de
tambour. C’est le prône, à la messe le dimanche et la lecture à l’issue des vêpres qui étaient
alors le moyen idéal de communication. Pour les gens qui n’assistaient pas aux offices, il y
avait le « bouche à oreilles ». La population et les citoyens actifs (
les électeurs
) avaient donc
été avisés de ces élections par l’abbé Loublier le dimanche précédent.
Pour être citoyen actif donc électeur (les femmes ne votaient pas) les hommes
devaient répondre à trois conditions : Etre âgés d’au moins 25 ans, payer une contribution ou
impôt, avoir prêté le serment civique.
Le dimanche 7 février, devant une grande partie de la population le syndic explique
que la population de Condé étant inférieure à 500 habitants, la nouvelle municipalité ne serait
composée que d’un maire, 3 officiers municipaux, un procureur, un secrétaire et six
conseillers