Mémoire de Condé sur Sarthe - page 39

- 38 -
Condé sur Sarthe
Un peu d’histoire
En 1448 les habitants d’Alençon sous la conduite de quatre braves citoyens nommés
Jean Dumesnil, Jean Brosset, Guillaume le Bouleur et Jean Moinet, qu’on a depuis appelé les
«
Sieurs
» résolurent de rappeler leur Duc Jean II, qui avait été un des fidèles compagnons de
Jeanne d’Arc. Une nuit, ils le firent entrer dans la ville par la Poterne (
La rue existe toujours
elle passe sous Notre Dame
) puis, nombreux et bien armés ils surprirent la garnison anglaise
dont une partie fut tuée et l’autre faite prisonnière.
Le Duc Jean II était brave, mais l’amour du luxe et le besoin d’argent le poussèrent à
commettre pour la seconde fois le crime de trahison pour lequel il avait déjà été condamné à
mort, puis gracié sous le règne de Charles VII. Pour faire échec au jeune roi Louis XI, qui
était pourtant son filleul, il s’allia avec le Comte du Perche et le Duc de Bretagne. Les troupes
entrèrent à Alençon et le Duc Jean II fut une seconde fois condamné à mort. Le roi lui fit
grâce de la vie, mais il fut enfermé dans une des tours du Louvre où il mourut.
Louis XI fit son entrée dans Alençon le 7 Août 1471. Il visita Notre Dame et plusieurs
quartiers de la ville. Comme il parcourait le château une pierre tombant de la muraille déchira
son habit et faillit l’écraser. Aussitôt il fit vœu à Saint Michel de porter cette pierre dans son
sanctuaire. Il tint sa promesse et l’on montre au château de Carrouges, la chambre où il passa
la nuit en allant accomplir son pèlerinage.
La tranquillité revint alors à Alençon et dans les communes voisines et dura environ
cinquante ans. Puis elle fut de nouveau troublée par des querelles religieuses. Deux curés de
Notre Dame d’Alençon, leurs vicaires, le curé de Saint Germain du Corbéis, celui de Cuissai
et Etienne Le Court curé de Condé sur Sarthe, ayant adopté les idées de Luther, une grande
partie des habitants devinrent protestants. Comme Le Court ne cessait de prêcher et d’écrire,
l’évêque de Sées le fit mettre en prison. Le curé de Condé en appela à l’archevêque de Rouen
qui était alors Georges d’Amboise. La Sorbonne consultée condamna Le Court.
Déclaré hérétique il fut brûlé le 21 décembre1533 à l’endroit même ou avait été brûlée
Jeanne d’Arc en 1431. Grâce à la protection de Matignon, gouverneur d’Alençon qui habitait
le château de Lonrai, les protestants ne furent pas massacrés lors de la Saint Barthélémy. Ces
querelles ne prirent fin que lorsque Henry IV fut parvenu à faire respecter son autorité.
Lorsqu’il vint à Alençon pour sou-Sarthe, René de Saint Denis, seigneur de Hertré.
En récompense Henry IV donna au seigneur le titre de baron avec l’abbaye de
Perseigne et une partie de la forêt, en considération des bons et agréables services rendus.
Sous le règne de Louis XIV, les Jésuites qui dirigeaient un collège important à Alençon,
possédaient une maison à Condé, située dans la cour commune, rue des Alpes Mancelles, où
habitait dans les années cinquante une figure de Condé, Melle Desnos.
Vers 1562, 30 ans après l’exécution du curé Le Court, tout le clergé d’Alençon était
protestant ou sympathisant comme la majorité de la population.
Notons que c’est en 1672 que grâce à Colbert, l’industrie du point d’Alençon vint
apporter quelque bien être à notre population très pauvre.
La baronnie de Hertré fut vendue en 1712. Le seigneur de l’Isle à Saint Germain du
Corbéis, Louis François Desmoulins devint propriétaire, et en 1716 il obtint l’érection en
marquisat sous le nom de l’île de la baronnie de Hertré.
1...,29,30,31,32,33,34,35,36,37,38 40,41,42,43,44,45,46,47,48,49,...180
Powered by FlippingBook