Mémoire de Condé sur Sarthe - page 40

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Tout porte à croire que la construction du château de l’Isle, sur la rive gauche de la
Sarthe n’ait été possible que grâce à la démolition du château du domaine de Hertré. Son
emplacement est occupé actuellement par le jardin de l’ancienne ferme « du Hertré ».
Le premier registre des délibérations des assemblées paroissiales et municipales a été
ouvert à Condé le 27 Avril 1788. La commune était gérée par un syndic municipal, officiers et
notables, désignés par le pouvoir départemental.
Condé était un carrefour important entre la route menant en Bretagne, et les gros
bourgs du nord de la province du Maine : La Poôté (Saint Pierre des Nids), Villaines, Bais,
Evron, Sainte Suzanne.
En 1789, Condé-sur-Sarthe comptait 433 habitants, parmi lesquels 42 avaient besoin
d’assistance à longueur d’année. Le nombre des électeurs était de 38.
Le 3 mai 1789 le syndic municipal indique qu’il a obtenu une aide du département de
1000 livres pour la création d’un atelier de charité, pour la remise en état du bourg, sous
réserve que la commune y participe à hauteur de 500 livres
A cette époque, le franc n’existait pas encore puisqu’il a été institué en 1803. La
monnaie se comptait en livres, sols et deniers. La livre valait 20 sols et le sol 12 deniers. Il en
était de même pour les mesures de longueur, on utilisait la toise, le pied, le pouce et la ligne.
La toise valait 6 pieds ou 72 pouces et égalait 1 m 949.
Le pied valait 12 pouces et égalait 32, 484 centimètres.
Le pouce valait 12 lignes et égalait 2, 707 centimètres.
La ligne égalait2, 25 millimètres.
Le sel était à cette époque, un produit rare et cher. Il en était utilisé des quantités
importantes puisque c’était le seul moyen de conserver des aliments plusieurs mois. Cette
pratique existait encore dans les années cinquante, et n’a pratiquement disparu qu’avec
l’arrivée des réfrigérateurs et congélateurs ménagers.
« Texte du cahier de doléances de Condé. Condé-sur-Sarthe le 1er Mars 1789.
Les habitants de la paroisse de Condé assemblés au son de la cloche, de la manière
accoutumée, pour obéir aux ordres de sa Majesté, portés par ses lettres données à Versailles le
24 janvier 1789, et spécialement pour procéder à leur cahier de doléances, demandent :
1° La suppression actuelle du billet rouge et du billet noir de la gabelle (1)
2° La suppression des banalités
3° La destruction des pigeons qui dévastent les semailles, en conservant les
colombiers comme des titres qui établissent la qualité d’un fief, ou qu’il soit porté une loi si
précise et si rigoureusement observée que les habitants des campagnes soient garantis de ce
fléau destructeur.
4° Le renouvellement et l’exécution des lois sur l’exercice de la chasse, qui mettent les
récoltes à l’abri de l’indiscrétion des chasseurs le plus souvent sans autorité.
5° Demandent que l’impôt représentatif de la corvée cesse d’être réparti sur les seuls
taillables, mais que ce soit les personnes qui profitent le plus des routes, sans que celui-ci
excède le quart de la taille de chaque paroisse.
7°Suppression des privilèges créés par des édits, au grand préjudice des campagnes.
8°Qu’il soit pourvu d’un bon et solide règlement sur la prestation de la dîme
9°Que si le malheur des temps et les nécessités de l’Etat exigent de nouveaux et de
plus forts subsides, qu’ils soient impartis et imposés de manière qu’ils soient portés par toutes
les classes de la société également, selon le profit qu’il y fait.
Quand au surplus des doléances, les habitants de la paroisse de Condé sur Sarthe s’en
rapportent à la sagesse et vertu de ceux qui seront par l’assemblée générale de la nation, pour
faire entendre au roi que la fidélité et l’amour de son peuple, étant donné les oppressions sous
lesquelles ils gémissent, jusqu’à ce qu’ils en aient soulagement.
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