Mémoire de Condé sur Sarthe - page 31

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Le pavage des rues
Lorsqu’on a remplacé les pavés de bois des rues par des mosaïques, petits pavés
de 10 cm sur 10 cm, qui réapparaissent aujourd’hui, des milliers de mètres cubes de
granit ont été nécessaires à la fabrication des bordures, des pavés et boutisses, formant les
caniveaux et trottoirs. Ils sont sortis de nos carrières, de la Tour, de Beauséjour, de la
Jardinière, du Hertré, du Pont Percé, de la Galochère, de la Cette qui a été, soi-disant, la
première carrière ouverte à Condé. Toutes les auges de granit, qui dans le temps étaient
des abreuvoirs, de nos jours sont devenues jardinières de fleurs. Tout cela est d’ici, de
Condé Sur Sarthe.
N’oublions pas les pressoirs au tablier de granit, les gades avec leur roue qui hier
écrasaient les pommes pour donner la boisson de tous ces hommes. «
Le Cidre
» était la
boisson des travailleurs de toutes sortes, ouvriers de la pierre, de la terre, du commerce,
de tout le monde. Pour travailler cette pierre, il fallait un forgeron comme Mr Soulier,
puis Mr Thireau, ils habitaient la Jardinière, j’ai connu Mr Soulier qui hélas s’est noyé de
désespoir dans la (
Grenouillère
) la célèbre mare de la Jardinière.
Les Ouvriers
Rappelons quelques noms, de ces hommes qui nous ont laissé leurs empreintes, par
le travail toujours visible de tous ces chefs d’œuvres. Cinq Saintellier, qui habitaient le
Temps Perdu, Mrs Doré, Marchand, Drouin, Frétigny, Potier, Rigoulay, Péan graveur sur
granit qui effectuait toutes les lettres, et devint conseiller municipal, Touchard, Pérazzi,
Zanetti, Jean Bertolini, Hureau, Firmin, Marié, Moscatelli, Giffault, Godemer, Mauclair,
Guétta, Fernand Chazey, Gilles Pellegrini, Colombier et bien d’autres dont les noms ne
me viennent pas à l’idée, et je m’en excuse.
Mr Préhu était charretier avec Mr Préaux, ils habitaient la butte rue du Château
d’eau où habitent Mr et Mme Huet propriétaires actuels. Le fils de Mr Préaux, Armand,
mécanicien chauffeur conduisit le premier camion à bandages de l’entreprise Pastoureau.
Son fils Guy, 80 ans lors d’une visite amicale me racontait : J’en ai passé du temps
à regarder du haut de la cour de mon grand père, tous ces hommes qui travaillaient dans
ce fond de la carrière de la Jardinière.
Ces hommes, qui ont œuvré, travaillé sont tous morts plus ou moins jeunes à cause
de ce métier. En effet la poussière de granit, la silice se colle sur les poumons et la
silicose s’ensuit. Peu à peu, les poumons se rétrécissent, le souffle manque, la respiration
devient difficile, l’homme étouffe, devient tout noir, jusqu’à ce qu’il retrouve sa
respiration. Combien d’épouses ont vécu cela ? La mécanisation a amplifié cette maladie
du fait d’un environnement de poussière permanente et dense. Tout métier a ses
inconvénients. Et les accidents dans ces carrières ! Jusqu’à la chute d’une grue qui priva
la vie à Mr Barbé, père de quatre enfants, victime du devoir.
Il est important de faire revivre le travail de nos aînés, de nos pères, enfants de
Condé ou d’Alençon. N’oublions pas, que dans les années 1850-1900 et bien avant,
Condé possédait plus de 300 carriers. Que la commune vivait de la pierre, de ce granit si
beau, si bleu, si dur que rien ne peut l’égaler, l’écraser.
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