Mémoire de Condé sur Sarthe - page 44

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De gros dégâts ont étés commis sur l’ensemble des propriétés, par le séjour de ce
bataillon de volontaires, jusqu’à mettre le feu à la Randumière dans le casernement qu’ils
occupaient. Mesure de représailles, suite aux réprimandes que la municipalité leur avait faites.
Le 14 février 1794 le maire Houet expose au conseil qu’il est temps de briser les
chaînes du fanatisme des prêtres et que l’argenterie qui a servi jusqu’à ce jour dans l’église de
Condé à enjôler le peuple par la main des prêtres sera inventoriée et portée au district
d’Alençon pour en faire don à la République.
L’Assemblée accepta les propositions du maire dont le zèle fut mal récompensé car, le
même jour, il était destitué avec le citoyen Royer. Le citoyen Jardin était nommé maire et le
citoyen Bourdas comme officier municipal Tous deux ne sachant point trop écrire, le citoyen
Saint Clair fut élu secrétaire pour leur venir en aide.
Le 1
er
mars 1794 le conseil déclare renoncer au culte public conformément au décret
de la convention et décida la vente des meubles de l’église et de la sacristie.
Les biens de l’église vendus, il était impossible au curé l’abbé Romet, nommé curé de
Condé sur Sarthe de prendre ses fonctions.
Quant à l’abbé Fouet, ancien vicaire ex greffier de la mairie il s’était caché pendant
trois ans pour échapper à la rigueur des lois contre les prêtres réfractaires. Inscrit sur la liste
des émigrés, ce qui l’exposait à la peine de mort, il cherchait à revenir prêtre à Condé.
Apprenant que son nom figurait sur la liste des prêtres condamnés à la déportation, il fut
obligé de se cacher de nouveau. Des bandes de chouans parcouraient encore la région, à la
Ferrière Bochard ils tuèrent le curé et deux habitants et à St Cénery le curé eut le même sort.
Partout des pillages furent commis, dans toutes les communes voisines Pacé, St Denis-
sur-Sarthon, Gandelain, La Lacelle, les habitants subirent la peur et le déchaînement de haine
de ces bandes de malfrats.
Lorsque la tranquillité revint l’abbé Fouet demanda au préfet de reparaître en public.
Celui-ci accepta, moyennant de rester en surveillance à Alençon. Le ministère de Condé se
trouvant libre, il demanda le poste au préfet. Il prêta serment le 27 ventôse (19 mars1803) son
vœu le plus cher était réalisé, il se trouvait de nouveau au milieu de ses paroissiens.
Pourtant les premières années qu’il y passa furent pénibles, l’église avait besoin de
réparations, les meubles et objets du culte avaient été vendus, il se contenta du maigre
nécessaire, la population étant très pauvre. Le pauvre curé emprunta pour survivre, il mourut
le 25 septembre 1818 à l’âge de 63 ans après avoir connu les gloires de l’empire et les
tristesses de l’invasion qui suivit sa chute.
Premier Empire
Le couronnement de Napoléon en 1807 fut accueilli avec une grande joie, le dimanche
10 plairial à 4 heures de l’après midi à l’issue des vêpres. En exécution de la lettre de Mr le
Préfet, le conseil municipal au complet revêtu des écharpes s’est transporté devant la porte
principale de la mairie. Là étant avons donné lecture de la missive, lecture donnée, tous on
crié spontanément « Vive l’empereur, vive Napoléon, roi d’Italie ! » de suite le feu a été
allumé et tant qu’il a brûlé, on a dansé répétant sans cesse « Vive l’empereur ».
Le maire de Condé se nommait alors d’Hallot Chavanne et les membres du conseil
étaient : P Adde adjoint, Louis Grousset, F Garnache, Pierre Launay, J P Robidaire, Nicole,
Julien Croisé, et Toréton.
Lorsque l’empereur vint à Alençon avec l’impératrice Marie Louise le 27 mai 1811,
beaucoup d’habitants de Condé s’y rendirent pour voir et acclamer le puissant souverain dont
le trône semblait solidement affermi et était cependant près de s’écrouler.
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