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En d’autres termes le curé Loublier refuse de prêter le serment constitutionnel, et c’est
la véritable raison de sa démission de maire.
Le 30 janvier 1791, la municipalité répondant à deux décrets, divise la commune en
cinq sections : Condé le bourg, La Boissière, Vervaine, Châtillon, les Brosses.
Chaque section aura un responsable portant le titre de commissaire pris au sein du
conseil municipal. Ceux-ci, avec leurs deux suppléants sont élus le 6 février 1791.
Pour déceler ses ennemis et ses non sympathisants, l’assemblée nationale avait décrété
le 25 juin que tous les habitants devaient prêter le serment d’honneur à la constitution.
La convocation à cette cérémonie en a été faite à la messe paroissiale et le 10 juillet les
citoyens se sont présentés pour prêter le serment selon la formule suivante.
« Je jure par tout ce que l’honneur a de sacré de rester inviolablement attaché à la constitution
décrétée par l’Assemblée Nationale, de soutenir cette constitution de tout mon pouvoir de la défendre
contre tous ses ennemis et de verser jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour la liberté de ma Patrie »
Le jour même de la parution de ce décret le curé Loublier quitte la cure de Condé
après avoir remis à la municipalité, les clés du presbytère et le registre des baptêmes, mariages
et sépultures depuis l’année 1692 plus deux autres registres dont l’un contient des actes
antérieurs à 1692. Il ne pouvait signer une telle condamnation de l’église.
Le curé Loublier se cachera quelques temps à Alençon puis à Paris chez des amis, et
sera arrêté comme insoumis à la loi, incarcéré à la prison St Firmin, jugé sommairement par
les sans culottes, il sera massacré par la foule ayant été jeté par une fenêtre.
Son souvenir est toujours présent puisque c’est lui qui fit venir le maître autel, les
colonnes en marbre, il fit restaurer la voûte de l’église de Condé-sur-Sarthe. Pendant ses 26
années de présence à Condé, il fut toujours très près de ses paroissiens, et particulièrement
bon pour les pauvres très nombreux dans ces années difficiles, d’avant la révolution.
Le 1
er
janvier 1792, la municipalité décida que ses réunions, qui jusqu’alors avaient
lieu dans l’église, se tiendraient à l’avenir dans un local fourni par le curé Fouet moyennant
un loyer annuel de 12 livres. On acheta une corde de bois, une armoire pour les documents et
archives, et 4 écharpes de distinction du maire et officiers municipaux.
Le7 octobre 1792 après la lecture de la loi qui décrétait l’abolition des privilèges de la
royauté en France, il est décidé que la loi sera publiée et affichée à l’issue de la messe. Le
conseil de la commune ira en pompe et solennité, proclamer la dite loi, au village du Pont
Percé et autres et de là se rendra à l’église pour y chanter le « Té Deum »
C’est à cette époque que les registres de baptêmes, mariages et inhumations, furent
remis par le curé à la municipalité désormais, chargée de l’établissement des actes d’état civil.
Après la mort de Louis XVI les Vendéens se soulevèrent. Une troupe de Vendéens
venant de Laval et Mayenne se dirigeant sur Alençon en novembre 1793. C’est alors que
Bordelot, ingénieur en chef de l’armée de Mayenne, vint à Condé et requis la municipalité de
fournir un retranchement. Tous les ouvriers de Condé furent réquisitionnés avec leurs pelles,
pioches et brouettes, pour construire ce retranchement situé dans le bois des dragées.
On coupa des piquets de soutien des terres dans les bois de Vervaine, à la Randumière,
propriété de Mr le Barbier de Vaucelles, émigré l’année précédente.
Alors arriva un bataillon de mille volontaires qui furent cantonnés à Vervaine,
Vaucelles, le Pont Percé, la Chapelle, la Cusselière, Beauséjour et les Brosses. Les fermiers
donnèrent la paille nécessaire pour le couchage, la municipalité fournit trente cordes de bois
(120 stères) ce que les volontaires jugèrent insufisant car ils abattirent sur la terre de
Vaucelles quantités de noyers, chênes et ormes. Ils restèrent près de deux mois à Condé et les
habitants subirent cette présence avec désolation car ces gredins se croyaient tout permis.
Le 1
er
janvier 1794, la municipalité récapitule les fournitures faites au bataillon de
volontaires, du 16 brumaire (3 novembre) au 9 nivôse (29 décembre 1793) date de son départ.
3959 bottes de paille, 59 livres de chandelles.
52 cordes de bois (208 stères de bois).