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Les Carrières de la Jardinière
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La Jardinière possédait deux carrières, empruntons la Rue du Château d’eau, autrefois
appelé chemin de la Boissière. Sur la gauche se trouve un ancien quai de chargement, vestige
du chantier de taille, qui existait lors de l’exploitation, en 1900-1914.
Sur la droite un accès à l’ancienne carrière Guillemin. En empruntant ce chemin, tout de suite
à droite nous avions une caverne, couverte par un énorme rocher plat. Grande de six mètres
carrés, autrefois fermée par une porte, les gonds étaient encore présents ainsi que la gâche du
verrou, cette caverne servait de poudrière (réserve de poudre pour les mines) aux deux
carrières.
A dix mètres de là, une butte, sur laquelle il y avait une maison, le dernier occupant de
ces ruines, s’appelait Mr Boudarent, car en 1940 c’était déjà des ruines, c’est vous dire. Je
n’ai pas connu cette bâtisse, je me rappelle d’une cheminée en granit, de pierres éparses, de
tuiles cassées, c’est tout.
Mr Cornu Pierre me le rappela, en évoquant quelques souvenirs de ces lieux. Sur la
gauche une succession de trous, dus à l’extraction du granit, on apercevait encore les rochers
entamés comme des escaliers, aspect courant dans les carrières, et depuis les nombreuses
années d’inactivités pleins d’eau, avec la végétation qui avait poussé, les saules, les bouleaux,
quelques arbrisseaux, ronces et genêts, et les remblais, on ne voyait plus rien.
« La Découverte »
Pénétrons plus avant dans la carrière, à droite des trous également, pleins d’eau et de
grands rochers, puis nous arrivions à la carrière : il faut s’imaginer le nombre de mètres cubes
de pierre sortis de cette carrière, à la vue de ce grand espace entouré de grands rochers
abrupts de 10 ou 12 mètres de hauteur. Suivons ce chemin pour découvrir un peu plus loin.
Depuis l’arrêt des carrières en 1914, les deux grands rochers se sont couverts de végétation,
petits bouleaux, genêts, ajoncs très piquants, digitales, herbes folles, fleurs sauvages, le
chemin sépare ces deux monticules. Si nous pouvions grimper sur celui de gauche, il n’en
n’était pas de même pour celui de droite, planté comme un pic, par contre on pouvait
contourner ces deux buttes rochers, et nous arrivions à la mare à Firmin.
Lorsque l’on pénétrait dans ces lieux, le chant des oiseaux, le parfum de la nature, le
calme nous surprenaient, un endroit très agréable où il n’était pas rare de voir un peintre
devant son chevalet. La mare à Firmin, ainsi dénommée par la fréquentation de ce lieu par Mr
Firmin, pêcheur acharné, ou les poissons pullulaient. La famille Firmin habitait la maison en
haut de la butte, propriété actuelle de Mr Mme Leperson, la vie n’était pas facile. Le père,
avait bien du mal à nourrir ses enfants, l’obsession de tous les chefs de famille.
Les carriers, étant donné la difficulté du métier ne gagnaient guère, et la pêche venait
bien souvent améliorer le menu.
« Les Escalades »
Que de souvenirs d’enfance, ces carrières où nous avons grandis, où nous
connaissions chaque rocher pour l’avoir escaladé, chaque recoin favorable à l’aventure. Nous
avions dénommé chacun d’eux par des noms, le pic de chez Tilland, le rocher de la mort,
nous avions nous aussi notre Mont Blanc, le pic du midi, que de chutes ! Parfois sévères, que
de parties de gendarmes voleurs, que de vernis enlevé sur nos genoux, que d’accros à la
blouse où au pantalon. Que de cabanes construites, que de bagarres aussi entre deux
prétendants pour une copine, qui voyant cela, choisissait un troisième.
Sur la gauche, la butte, où dans les années 1900-1930 une grande maison habitée par
les charretiers, les familles Préaux et Préhu.