Mémoire de Condé sur Sarthe - page 99

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Savoir si ce ne sont pas d’autres français, qui les ont dénoncés, comme bien souvent
c’était le cas malheureusement pour ces garçons, qui avaient choisi de se battre, jusqu’au
sacrifice de leur vie !
La consternation
A Condé, c’est la consternation, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre, Que
faire ? Rien ! La peur au ventre toute la population est paralysée par cette couleur verte, et ces
monstres « Jardin et Neveu bien que Français, ces bandits étaient de hauts responsables de la
gestapo », ils seront les principaux instigateurs pour démanteler le réseau de résistance dans
l’Orne. Jardin et Neveu avaient formé un réseau important de collaborateurs, qui par des
infiltrations dans tous les milieux du département, donnèrent lieu à des arrestations, tortures
multiples, exécutions sur le champ, ou déportations dont bien des gens ne revinrent pas. C’est
Jardin et sa bande qui arrêtèrent le chef du réseau de la résistance départementale Daniel
Desmeulles n’hésitant pas à le frapper. Il fut martyrisé et déporté au camp de Bergen-Belsen où
il décéda. Combien de crimes, d’ignobles actions, de tortures les mauvais Français (
disait un
soldat Allemand à Mme Beaufils
) auront à répondre de leurs actes.
Il y avait à Vaucelles un détachement de soldats de la Wermarcht (
des vétérans
) chargé
de la garde personnelle de ces bourreaux et de tous les gradés présents, ainsi que de la maison
Bourgine et de la Randumière. Au cours du mois de Juin combien de maquisards tombèrent ?
L’angoisse gagne ces envahisseurs, la Gestapo redouble d’activités, ils sont aux quatre
coins du département. Le débarquement a eu lieu le 6 juin, déjà de mauvaises nouvelles leurs
parviennent, les bombardements s’intensifient, l’armée allemande recule, la panique malgré
tout s’installe.
Nouvelle exécution
Le 30 juin, une nouvelle série d’exécutions aura lieu mais nous n’en saurons rien.
Mademoiselle Hubert, Mr Potier nous diront plus tard, que des camions étaient venus du Pont
Percé, que des soldats en armes avaient bloqué les routes. Ils avaient entendu des rafales de
coups de feu, mais n’en savaient pas plus. Dans la carrière, un deuxième monticule de terre est
apparu, combien de martyrs sont enterrés là ?
Il nous faudra attendre deux mois pour savoir, qui sont ces victimes, et le nombre exact
de fusillés, d’où sont-ils ? La lumière sera vite faite. Ils sont tous de l’Orne clame une voix.
Un grand élan de solidarité naîtra à Condé, et le 30 août, des hommes pleins de courage,
se dévoueront pour donner une sépulture à ces héros. Un homme particulièrement courageux
Mr Dugué, aidé par plusieurs autres, mettront tout en œuvre pour sortir un à un ces corps déjà
en décomposition. L’odeur pestilantielle était le plus difficile à supporter. C’était l’été et la
chaleur n’arrangeait guère les choses. De ces deux fosses communes, 19 corps seront sortis et
identifiés. Mon père avait participé à cette macabre besogne, ma mère avait dû brûler les
vêtements, tellement imprégnés de cette odeur indestructible, longtemps ils en parlèrent.
Les quatre premiers garçons fusillés faisaient partie du maquis de Trun, et les quinze
suivants, du maquis de Courcerault près de Mortagne. La clairière est dégagée, un accès est
aménagé, et une foule de personnes viendront visiter cet endroit.
Les Commémorations
En 1947, une souscription volontaire, permettra d’ériger un monument commémoratif,
une stèle en granit de Condé, où sont gravés les noms de ces valeureux résistants. L’endroit des
fosses sera entouré de bordures, et garni de fleurs chaque année. Les poteaux d’exécution
seront mémorisés, par de petites balustres de granit, don de Mr Fould, Château de Vervaine.
Tous les 30 juin un détachement de la ville de Mortagne, des familles de ces martyrs, la
municipalité de Condé, et des représentants des anciens résistants avec les drapeaux, viennent
se recueillir sur ce lieu de tristes souvenirs.
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