Mémoire de Condé sur Sarthe - page 106

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L’incendie
Une coopérative laitière était également installée sur la commune. Celle-ci fit de
mauvaises affaires et fut obligée de fermer. Elle fut mise en vente et Mr Mallet racheta cette
entreprise et ses installations. Les fermiers clients de cette coopérative, ravis de trouver un
repreneur continuèrent à fournir leur lait. Ainsi était née la laiterie Mallet-Alençon, qui allait
perdurer pendant 50 ans et ensuite reprise par la Maison Hutin.
Mais revenons à ce gigantesque incendie. Il n’est pas 18 heures 30, ce mardi 17 Mars
1992. Je suis occupé à poser des bordures dans la cour de ma maison. Le ciel s’obscurcit, il fait
presque nuit. Que se passe-t-il ? Je lève les yeux : une épaisse fumée noire recouvre le ciel.
J’entends les sirènes appelant les pompiers. C’est du côté de Saint-Germain. On ne peut penser
à la laiterie qui est entièrement refaite à neuf. Et pourtant ; je sors dans la rue : un passant me
dit : « c’est la laiterie Hutin ».
Pendant plus de deux heures, une centaine d’hommes du feu, venus de tout autour
d’Alençon, vont lutter contre ce gigantesque brasier avec des flammes montant à plus de 100
mètres de hauteur dans un immense tourbillon noir qui envahit le ciel, faisant disparaître le
jour.
L’équivalent du plan Orsec est en place. La police effectue le service d’ordre, le préfet
est sur les lieux du sinistre. Les agents ont fait évacuer tous les riverains, habitant dans un
rayon immédiat car un grave danger menace. Une citerne de gaz menace d’exploser. Les
pompiers déploient un matériel énorme pour lutter contre ce brasier. 17 lances seront mises en
action, qui vont cracher sans interruption des milliers de litres d’eau, puisés dans la Sarthe.
Malgré tous les efforts déployés, le feu fait rage. En quelques minutes, le bâtiment des
emballages est ravagé à son tour. La rivière sauvera de la catastrophe, l’eau protégeant cette
citerne de gaz. Elle n’explosera pas ! Sous les ordres du préfet et du Capitaine des pompiers, on
a réquisitionné les salles polyvalentes de Saint-Germain et Condé pour recueillir les riverains
en attendant la suite des opérations.
Vers 21 heures, les pompiers seront maîtres de l’incendie. Un premier bilan fait que
tout danger d’explosion est écarté, qu’il n’y a pas eu de victimes. Etant donné la rapidité avec
laquelle le sinistre a pris, alors qu’il y avait 120 personnes sur le lieu de travail ! Celles-ci ont
pu évacuer les lieux mais sans pouvoir conjurer le feu
La centaine de pompiers engagés n’a déploré que deux blessés légers. C’est déjà une
bonne chose. Vers 23 heures, la population pouvait regagner les maisons. Pour les pompiers
c’est l’heure de la relève : il fallait malgré tout veiller. De l’usine « Rustique » toute neuve, il
ne restera rien. Des 10000 m² de bâtiment, il ne reste qu’un amas de tôles et poutrelles tordues
en tous sens.
L’origine de cet incendie serait dû à l’explosion d’un tube néon, selon un chef d’atelier.
Le feu suivait les fils électriques et, d’un seul coup tout est parti à une vitesse extraordinaire,
laissant juste le temps au personnel de fuir cet enfer. Tout le monde se rassemblait du côté des
bureaux un peu éloignés du sinistre : La Direction assurait que tout serait mis en œuvre pour la
continuité de l’entreprise.
Le lendemain, nombre de curieux défilèrent venant contempler les dégâts, spectacle de
désolation, que ce gigantesque incendie avait détruit, semé la panique et la peur. Merci aux
valeureux pompiers.
Un reclassement provisoire du personnel dans les unités existantes de la région était
envisagé, en attendant la reconstruction de l’usine.
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