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La Poudrière
C’était un bâtiment qui, autrefois, avait une grande importance pour la sécurité des gens
et le contrôle des explosifs. Ce local, dont il ne reste que la base, était situé presque à la
limite de Condé et d’Alençon. Lorsque l’on quitte Condé Bourg, prenons la rue de la
Jardinière, continuons, empruntons la rue de Beauséjour, passé le dernier lotissement sur la
gauche, nous pénétrons sur le territoire d’Alençon.
Cette route date du Moyen-Age : elle était peut être voie romaine, nous en reparlerons.
Depuis l’an 2000 la communauté urbaine y a construit une magnifique piscine, dont
nous admirons l’esthétique et le confort des installations. C’est sur cet emplacement qu’était
construite cette belle construction de granit dénommée « La Poudrière ».
Je vais évoquer l’utilité de cette bâtisse construite peut être à la fin XVIII ème ou au
début du XIX ème siècle.
1° Au niveau des carrières, l’usage de la poudre (explosif) a toujours été le moyen
d’extraire la pierre avec le forage de trous dans la roche.
Depuis le Moyen Age, Condé et Damigny étaient les communes qui fournissaient la
pierre pour la construction de tous les édifices, à cent kilomètres à la ronde.
Bien avant la mécanisation, on perçait les bancs de pierre et les mines effectuées avec
la poudre faisaient éclater la roche. Il fallait un contrôle du produit.
Etant donné le nombre de carrières en activité (nous comptions déjà huit carrières sur
Condé et j’en connais au moins deux sur Damigny), il n’était pas possible que chaque
carrière ait sa poudrière, du moins en quantité. C’était dangereux pour la population.
2°L’Armée : Alençon possédait plusieurs casernements (Quartiers Valazé ou Lyautey,
Bonet, Ernouf). Avec l’invention du fusil à pierre, il fallait de la poudre. Les moyens de
transport au temps des diligences, n’étaient point si rapides. Donc, cette maison avait son
utilité. De plus, cet endroit était gardé jour et nuit.
Je me rappelle qu’au début de la création de son entreprise de carrière, mon père allait
chercher la poudre noire, nécessaire à la confection des mines, à la régie. Il fallait remplir un
dossier et donner toutes informations sur le service qu’on allait en faire. La Régie se situait
rue des Promenades (près des sapeurs-pompiers) devenue rue Balzac, lors de la nouvelle
appellation des rues. Cette régie était tenue par Mr et Mme Ragot habitant Condé. Par la
suite, la demande étant moins importante, il me semble que c’est la maison Roimier Tesnière,
qui détenait le dépôt.
Revenons à l’emplacement de ce bâtiment. Lorsque vous êtes devant l’entrée de la
piscine, retournez vous : vous avez devant vous une terrasse. Si vous aimez la pierre, vous ne
pouvez qu’être en admiration « la pierre », c’est beau. Ces angles de granit et ces beaux
moellons ...
Cette construction, était basse (rez-de-chaussée seulement) couverte en ardoises,
séparée d’un mur d’enceinte par un espace qui formait une allée tout autour. D’une largeur de
trois à quatre mètres cette allée était le chemin de ronde des sentinelles, chargées de la garde
de ce lieu. La garde était assurée par l’armée, très présente à Alençon aux XVIIIème
XIX ème et XX ème siècles.
Le mur d’enceinte, d’une hauteur de trois mètres était surmonté d’une frise en fer forgé
aux pointes acérées, inclinées vers l’extérieur et scellées au sommet du mur. Cette défense
faisait le tour complet du mur d’enceinte. Difficile de pénétrer à l’intérieur en escaladant.