Mémoire de Condé sur Sarthe - page 105

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La création de la laiterie
L’incendie
Après 80 ans de présence sur la commune de Condé-sur-Sarthe, la laiterie, créée par
Jules Mallet après la guerre de 1914-1918 a disparu dans un incendie d’une violence inouïe.
Reconstruite malheureusement sur une commune voisine, Condé perdit donc sa laiterie au
grand désespoir de son maire de cette époque, Bernard Suard. Mais avant de commenter ce
triste souvenir, un peu d’histoire sur l’origine de cette entreprise qui fut, avec les carrières, le
gagne-pain de la population de Condé. Mais l’élevage dans de petites fermes très nombreuses
sur la commune était, lui aussi, très important et nourrissait beaucoup de monde.
Jules Mallet, avec l’aide de son beau-père Mr Charpentier, créerent un commerce de
beurre et œufs en fréquentant les marchés de la région d’Alençon, débordant même sur la
Mayenne (Villaines la Juhel, Pré en Pail, Saint-Pierre-des- Nids. Achetant au meilleur prix, en
goûtant avec sa palette chaque motte de beurre que les fermiers apportaient et présentaient sur
leur étal ainsi que les œufs.
Pour le transport il possédait une carriole attelée d’une jument qui parcourait jusqu’à
50 km par jour sur les routes et chemins. Dans le bourg de Condé il avait installé une petite
usine où le beurre était remanié et emballé en 125g, 250g, 500g, 1Kg, 5Kg, 10Kg, 20Kg, à la
main, dans des petits moules en bois, et en motte, ensuite empaqueté toujours manuellement
par des femmes dans du papier glacé car, en ce temps-là, le papier aluminium n’existait pas.
MM François, Georges et Chouippe rentrèrent très tôt au service de Mr Mallet pour la
partie « beurrerie » entre 1920 1925, ainsi qu’une douzaine de femmes. Le beurre, une fois
emballé, était mis en chambre froide. Pour produire du froid, toute une installation avait été
nécessaire, à commencer par le courant électrique. Un gros moteur faisait tourner génératrice et
compresseur, un circuit de refroidissement à eau avait été mis en place.
Pour les œufs, MM Mahon et Châtelier s’occupaient du service. Les œufs étaient
réceptionnés en caisses avec couvercle, sur un lit de paille, sur une hauteur de 20 centimètres.
C’est vous dire la casse qui pouvait se produire lors du transport, surtout sur les routes non
goudronnées où les nids de poule ne manquaient pas. Ces œufs étaient contrôlés et cette fois-ci
emballés dans d’autres caisses, toujours sur lits de paille, mais plus fréquents. Prêt à être
expédié aux magasins et épiceries. Pour la conservation, elle se faisait dans de grands bacs en
ciment, à raison de 18000 oeufs par bac dans de la chaux vive, naturellement éteinte. Ces bacs
il y en avait 24. Quelle quantité d’œufs cela représentait !
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