Mémoire de Condé sur Sarthe - page 112

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La Maréchalerie du Pont-Percé
Dans les années 1900-1980, au Pont-Percé, il existait une maréchalerie : atelier
de ferrage des chevaux, forge et réparation de machines agricoles. Le dernier
maréchal-ferrant fut André Foulon. Il arrêta en 1982.
J’ai rencontré Yvonne Gousset, veuve d’un premier mariage qui se remaria avec
Georges Bruneau en 1965, veuf également. Cette dame, Yvonne Miché de son nom
de jeune fille, est actuellement en maison de retraite à Damigny (
la Rimblière
)
depuis 14 ans.
Cet entretien avec la doyenne de la commune de Condé-sur-Sarthe, m’a été fort
agréable. Elle est née à Condé-sur-Sarthe,
le 18 juin 1903
. Elle est allée à l’école de
Condé dès l’âge de cinq ans, jusqu’en 1917.
C’est l’abbé Poullain, curé de la paroisse de Condé à cette époque, qui l’a
baptisée, lui a enseigné la religion avec le catéchisme, et lui a fait faire ses
communions.
Au début du XX ème siècle, la maréchalerie du Pont-Percé était tenue par Mr
Coudrey. Au fil des années, il est souffrant et, le matin, il tarde un peu au lit. A la fin
de juillet 1926, son épouse, voyant qu’il ne se lève pas, s’apprête à le réveiller.
Hélas ! Mr Coudrey n’est plus. Il est mort dans son sommeil.
André Gousset lui succède dès le 1
er
Août 1926, originaire de Colombiers où ses
parents tiennent une ferme. Né en 1900, André est un solide gaillard. Il connaît son
métier. Doté d’une adresse et d’une force d’Hercule, le travail ne lui fait pas peur.
Il se marie à Colombiers avec Yvonne Miché le 27 Novembre 1926. Ils
viennent habiter le Pont-Percé. La vie est dure, le ferrage des chevaux est un travail
pénible, les clients n’ont pas d’argent, il faut vivre malgré tout. Mr Gousset est un
honnête homme, il donne à ses clients des facilités de paiement. Il faut bien ferrer les
chevaux, réparer le peu de matériel que les paysans possèdent.
Très estimé dans la commune, il devient conseiller municipal. Il est très adroit,
il forge des ferrures pour les charrons, répare les machines agricoles. Il apporte son
aide à toute personne venant lui demander conseil. Il rebat l’outillage des maçons,
burins, pointerolles, pioches et barres à mine. Il a comme ouvrier Henry Jullien : pour
tenir les pieds des chevaux, il faut un compagnon. Lors de grosses pièces à forger, il
faut manier la masse, (
taper à devant,
expression du forgeron
). L’ouvrier se place
devant la grosse enclume et frappe à grands coups de masse, le métal incandescent
sortant du feu. L’âtre de la forge activé par le gros soufflet de cuir répand une odeur
dans ce lieu. Le son du marteau qui résonne sur l’enclume du maréchal-ferrant donne
de la vie au petit bourg.
Combien de fois, avec Mr Adde ou Roger Guéranger, j’ai eu la chance de les
accompagner, pour ferrer les chevaux ! Admirer ces hommes au travail, la casquette
rivée sur le front, le visage couvert de sueur, Quel exemple pour moi ! Voyant ce
forgeron en bras de chemise, je voyais mon père qui faisait un peu le même travail.
Lorsque, avec Maman, nous allions voir Papa travailler, je me rappelle qu’il me
laissait tirer sur «
la branle
» du soufflet. (
terme du forgeron
). Je ne savais pas
encore ce que je ferais plus tard, mais je m’y voyais déjà. Ayant travaillé très tôt à la
maison, en forêt, à la ferme de Mr Béguin où j’étais placé pendant les vacances, dès
l’âge de douze ans, j’étais armé, prêt à affronter le travail. L’exemple était là !
Il avait comme inséparable copain, Lucien Chesnot. Deux bons vivants. Lucien
Chesnot était un ouvrier très doué en toutes choses et André Gousset l’estimait
beaucoup.
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