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Notice sur le bienheureux
Allocution prononcée par l’abbé Hayot à Condé le 25 septembre 1927.
Martin-François-Alexis Loublier
Curé de Condé-sur-Sarthe
Martyrisé en haine de la foi, en septembre 1792
Béatifié le 17 Octobre 1926.
Petit livre imprimé par Gauthier-Villars, Editeurs Imprimeurs à Paris
Et signé par Monseigneur Octave Pasquet, Evêque du Diocèse de Sées.
Il naquit en 1733 dans l’ancienne paroisse d’O, aujourd’hui réunie à Mortrée. Il fut un
des prêtres les plus distingués du diocèse de Séez par sa science et sa vertu.
Ordonné sous -diacre en 1755 avec la note « ingenio optimus », il fut envoyé à Paris pour y
terminer ses études théologiques. Il en revint avec le titre de maître és arts (
bachelier de
Sorbonne
).
Le Samedi Saint 1756, il fut élevé audiaconat et, deux ans après, le Samedi Saint 1758, il
recevait le sacerdoce. Nommé Vicaire de Saint Denis sur Sarthon, en 1759, il exerça pendant
trois ans un ministère fructueux dans cette paroisse. Lorsqu’en 1762 un arrêt du Parlement
chassa de France les jésuites et les remplaça par des prêtres séculiers, il fut nommé principal du
collège d’Alençon. Le 12 Avril 1766, Monseigneur Néel de Christot lui confiait la cure de
Condé-sur-Sarthe, où il devait exercer, pendant vingt six ans, avec zèle et piété les fonctions
pastorales. (1)
Parmi ses titres à la reconnaissance des fidèles, on cite les nombreuses et importantes
réparations qu’il exécuta dans son église. Il fit bâtir une nouvelle tour, et placer le maître autel
et les colonnes de marbre, toujours en place actuellement. (2) Sa charité pour les pauvres ne
connaissait point de bornes.
En 1789, il fut choisi par le clergé du baillage d’Alençon pour être l’un des rédacteurs du
Cahier définitif de son ordre (3). Ce Cahier est la fidèle expression des sentiments politiques du
clergé à cette époque, et il est impossible de le lire sans rendre hommage à l’esprit de
conciliation, de paix et de tendre charité dont il est rempli. L’auteur principal, Mr Loublier, y a
laissé la marque ineffaçable de son respect pour le souverain légitime, de son dévouement aux
véritables intérêts du peuple et son attachement à la Sainte Eglise.
L’étude occupait toujours une partie de son temps.On lui doit un travail très sérieux, dont
le titre seul : L’Eglise Constitutionnelle est elle catholique ?(4) indique son antipathie pour le
schisme. Les électeurs réunis à N D d’Alençon osèrent cependant le choisir pour évêque
constitutionnel. Il rejeta cette proposition avec mépris. C’est l’abbé Le Fessier curé de Bérus,
qui s’empressa de dire oui. Il ne craignit pas de lui tourner le dos, en pleine rue d’Alençon, cet
ancien ami qui avait cru pouvoir accepter cette nomination, l’abbé Loublier l’apostropha. « Le
malheureux, lui cria-t-il, il a trahi son dieu ». L’évêque intrus resta comme foudroyé.
Quand pour la première fois, les communes furent invitées à nommer leur municipalité,
les électeurs de Condé élurent comme maire, le 7 Février 1790, l’abbé Loublier, leur curé. Le
vœu de la suppression des privilèges, la répartition des impôts se fit sous la direction du maire.
Celui-ci, toutefois, ne pouvant concilier ses devoirs de maire avec l’indépendance nécessaire à
son saint ministère résilia ses fonctions le 16 Janvier 1791.
(1)Blin, martyrs de la révolution et fleurs de Sainteté. (2)Archives paroissiales.
(3) La Sicotière (annuaire de l’Orne 1867). (4) A Paris chez Pichard, libraire au
Luxembourg 1791.