- 29 -
La Carrière de la Tour,
Sous le nom de « Carrières de Beauséjour »
Située rue de Beauséjour en face du N°7, on accède à cette carrière par l’impasse de
la Tour, donnant sur un groupe de maisons dont l’une très ancienne avec son escalier de
granit en colonne et ses sculptures sur la façade remonterait au temps des seigneurs.
Cette carrière fut de nouveau exploitée dans les années 1920 par Mr Pastoureau
jusqu’en 1940. La pierre extraite était acheminée par wagonnets ou par tombereau celu-ci
etait tiré par un cheval. Ces wagonnets posés sur rails, étaient tractés par un treuil
actionné par les carriers Ils remontaient une rampe très accentuée, se situant juste sous la
route de Beauséjour. Un mur de soutènement et de protection, encore visible de nos jours,
avec de grosses dalles de granit placées debout, protégent cette pente et la route. Les
wagonnets, traversaient le chemin du Hertré, chargés de ces gros blocs de granit, destinés
à être taillés sur un grand espace, où s’activaient les tailleurs de pierre face à la fermette
de Marcel Ribot. .Il acheta la forge et tout le matériel qu’elle contenait le 1
er
Février
1941. Mr Raymond Cornu me procura l’acte de vente de ce matériel.
Le transport
Ces gros blocs, étaient chargés sur des charrettes spéciales, très basses, à petites
roues tirées par des chevaux et étaient distribués sur plusieurs chantiers de taille. La
Jardinière en possédait un, à l’emplacement du garage n°1 rue du Château d’eau, dont on
peut voir encore le quai de chargement. Un autre était situé sous des appentis, au n°7 rue
de Beauséjour, actuellement propriété de Mr Mme Bougeard. Un autre, très important, se
trouvait à Alençon, à l’angle de la rue de Bretagne, et du Boulevard Duchamp.
Sur ces chantiers on façonnait des pavés, des boutisses, des bordures, servant aux
trottoirs, des monuments funéraires, des pièces spéciales pour la construction des ponts,
des arches et parapets, des crochets, des lancis, des appuis de fenêtres, des linteaux,
corniches pour la construction des maisons, des marches et escaliers. Des « perrons » sont
encore visibles sur certaines maisons de la commune, rue des Dragées, rue des fusillés
ainsi que des monuments à la mémoire de nos combattants morts pour notre liberté. Ces
blocs de granits granit ont été utilisés pour la construction de toutes ces bâtisses telles que
les Eglises de la ville, les châteaux. les nombreuses casernes où l’armée contribuait
autrefois à la renommée d’Alençon.(La caserne Valazé devenue le quartier Lyautey était
une caserne ultra moderne ordonné par Napoléon, cette caserne a eu jusqu’à 800
chevaux, la caserne Bonnet ,la caserne Ernouf est devenue la « Sénatorerie », une maison
de retraite).
Regarder, prendre le temps
Si l’on parcourt la ville, et que l’on regarde chaque édifice, chaque maison les
musées, la bibliothèque, la cour carrée, les parapets des ponts, les dalles de trottoirs, les
portes cochères datant du temps des carrioles, cabriolets ou des diligences, on voit que
tout est en granit, taillé, sculpté, ajusté !
Que c’est beau ! Quels témoignages et quels souvenirs avons nous de ces hommes
qui ont arraché les blocs de ces massifs, des profondeurs de ces carrières ! Plus on
descend dans le sol plus le granit est beau. Débiter, tailler, boucharder, transporter, voilà
quel était le travail très dur de ces hommes pour nourrir maigrement leur famille.