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« La Réouverture »
En 1948, mon père avec un camarade Mr Chazey Fernand s’installa dans cette
carrière, travaillant à la main, il eut beaucoup de mérite pour débuter son entreprise.
Malgré tout, de cette carrière de nombreux soubassements de maison sont sortis, et même des
façades entières furent réalisées. Depuis la fin de la guerre, mon père avait l’intention de se
mettre à son compte. Avec les restrictions de métal, il avait eu beaucoup de mal à obtenir une
enclume, et des barres d’acier pour se constituer un outillage. Il s’était monté une forge, et
petit à petit avait fabriqué, ciseaux, broches, pointerolles, raffineurs, clous, coins d’acier,
burins à mine, il pouvait commencer. Compagnon de toujours de mon père, Fernand n’était
pas très chaud. En tant que conseiller municipal à Alençon, il avait comme ami, un
architecte, qui les conseilla et les aida, surtout au début de leur entreprise.
« L’installation »
Ils s’installèrent donc dans le fond de cette carrière Guillemin, et attaquèrent ces
grands rochers. Avec courage et persévérance, ils travaillèrent comme des forçats, satisfaits
des premiers résultats. La reconstruction de la ville commençait, le travail ne manquait pas,
ainsi la carrière revivait après toutes ces années d’abandon. Le granit était de couleur
différente, des fois rose, d’autrefois il tirait sur le bleu, et puis un peu jaune, on peut le
constater sur certaines façades à Alençon. Un mélange de couleurs qui donne malgré tout un
bel aspect, curieux n’est ce pas !
Autre lieu « la Grenouillère
»
La Grenouillère, dont l’exploitation remonterai dans les années 1900, je l’ai toujours
vue pleine d’eau, mais que le site était beau et très apprécié de tout le monde.
On pénétrait dans la carrière par la Jardinière, par un chemin carrossable par des charrettes ou
tombereaux, un pont de pierres enjambait un fossé de trop plein de la mare l’hiver. La mare
était distante d’une centaine de mètres de la rue, de chaque côtés des ronces, des saules,
même une petite mare sur la gauche et nous arrivions à cette grande surface d’eau. Endroit
très fréquenté par les lavandières du quartier, qui surveillaient la baignade des enfants les
chaudes après-midi d’été. Le rendez vous des Alençonnais le dimanche qui venaient se
détendre, se baigner, déjeuner sur l’herbe et profiter du cadre.
Cette mare était également très fréquentée l’été par les paysans qui venaient chercher
de l’eau avec tonne, cheval et tombereau pour abreuver les animaux de la ferme, car dans les
années de sécheresse ces carrières étaient la réserve naturelle de l’eau indispensable à la vie
de ces animaux, surtout ceux qui étaient aux pâturages « Genisses, Veaux et Bœufs »
La Rue du Château d’eau, autrefois chemin de la Boissière était carrément construite
sur un rocher avec le vide de chaque côté. Ce chemin surplombait cette mare, de ce chemin
on pouvait également y accéder par un raidillon qui descendait de pierre en pierre jusqu’à la
pelouse devant la mare.
« Le Joli Panorama »
On peut encore apercevoir cette grande mare en pénétrant, (si les riverains le veulent)
en certains endroits et en particulier par la propriété de Mme Ricateau où nous avons une
belle vue de l’étendue de cette mare, une rambarde de fer, scellée dans la maçonnerie nous
protège du vide, ce fronton maçonné date de plus d’un siècle.
Entourée de grands rochers, de falaises abrutes, cette grande étendue est depuis 1960,
la propriété privée de plusieurs riverains. Ce site est d’ailleurs complètement changé. .