Mémoire de Condé sur Sarthe - page 69

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« La Maison du crime
Cette maison presque en ruine surnommée
« la maison du crime »
dans mon enfance,
était habitée par une grande famille (Nouvel Tilland). Un drame eut lieu dans cette maison ?
Mr Nouvel buvait, et était violent : il avait comme copain, un nommé Rouland surnommé
« La Tomate »
commis de ferme, braconnier, chasseur pas toujours en régle
.
Pourquoi
l’appelait
t’on
la
Tomate ! Il avait une figure ronde et tachée de grandes plaques rouges,
couleur lie de vin. Le 13 novembre 1956, ivre tous les deux, une rixe éclata sur une question
d’argent. Ne sachant plus trop ce qu’il faisait Rouland s’empara du fusil de chasse et tua Mr
Nouvel. Il fut bien sûr emprisonné et jugé, huit ans de réclusion. En prison, il se conduisit si
bien qu’il ne fit que quatre ans. Revenu dans la vie, il se remit à boire, un soir plus chargé que
d’habitude, dans un écart sur la route, une voiture le renversa, il fut tué sur le coup. Voilà
pourquoi, cette maison porta longtemps ce nom, de « Maison du Crime ».
Cette grande maison de granit, était la propriété de Melle Guillemin qui cherchait à
vendre, comme toutes les carrières, de ce côté qui lui appartenaient. Dans les années 1950, la
commune projetait l’adduction d’eau, elle acheta cette bâtisse, surtout pour implanter le
château d’eau. Les sondages du terrain ne furent pas concluants, il fallut envisager un autre
endroit. Ne sachant que faire de cette maison, la commune chercha à revendre, l’occupante
acheta. C’était une vieille demoiselle qu’on appelait « La Fine », serveuse dans un restaurant,
elle possédait des économies et devint propriétaire. Mais son petit bas de laine, ne put suffir
pour effectuer les réparations, surtout de couverture car il pleuvait dans la maison autant que
dehors. Cette demoiselle, avait la particularité de vivre avec un bouc qui était son
compagnon, d’ailleurs, il couchait dans la maison avec elle. Au fil des années, elle tomba
malade et fut hospitalisée à Mamers. Elle resta assez longtemps à l’hôpital et les frais
s’accumulèrent. A sa mort, point de successeurs pour payer les frais d’hospitalisation, cette
ruine que les années, n’avaient point arrangée, devint propriété de l’état et vendue par le biais
des domaines. Mr et Mme Huet l’achetèrent en 1968, la vente se fit à la bougie, Mr Huet
étant le dernier offrant de cette masure.
« L’Abandon de ces lieux »
Il faut dire, que pendant une quarantaine d’années ces carrières de la Jardinière, furent
complètement abandonnées, c’était le rendez vous promenade des Alençonnais, la nature, le
repos, les oiseaux, le gibier, nous avions même des campeurs. Gilbert Sévignac, venait
souvent planter sa tente en ces lieux. Avec sa guitare il nous faisait le concert près du feu de
camp, nous nous régalions.
Les scouts, éclaireurs de France, dont je faisais partie, avec Claude Rioux, Jean
Meunier, et bien d’autres y venaient souvent, Mr Jouvencel était responsable de notre groupe,
les sorties, les feux de camps dans ces carrières, que de bons moments passés. Nous avions
une tenue, chapeau avec jugulaire, chemise crème, foulards de deux couleurs suivant le choix
de la patrouille, pantalon court bleu marine, chaussettes retroussées, chaussures de marche,
sac à dos, bâton de marche sculpté par nos soins, le couteau de campeur « indispensable »
pour compléter l’équipement ; nous étions déjà des petits soldats. Les scouts de France ont
participé, dans bien des endroits, à des actions de résistance pendant la guerre 1939-1945. Ils
furent d’ailleurs mis à l’honneur, à la libération.
Pas de baignades de ce côté, seule la pêche était pratiquée dans cette mare à Firmin,
comme nous l’appelions. Nous avions la Grenouillère, de l’autre côté, mais c’est une autre
carrière dont je vous parlerai plus loin.
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