Mémoire de Condé sur Sarthe - page 23

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La Ristourne des coopérateurs.
Les coopérateurs de Normandie, passaient également prendre les commandes de
l’épicerie et les liquides nécessaires à la maison. Ils avaient une méthode de vente donnant
des ristournes sous la forme de timbres.
Maman les collait sur des feuilles spéciales et en fin d’année la totalité des timbres
donnait le droit de choisir un cadeau dans une gamme définie à l’avance. Il y avait aussi la
possibilité de faire des achats plus importants sous la forme de versements hebdomadaires ou
mensuels, «
le colis épargne
»,ce qui permettait d’obtenir un service, une ménagère, une
série de casseroles, un pot au feu. Quand apparut la cocotte minute : Ce fut une révolution, la
cuisine à la vapeur ! Surtout la rapidité de cuisson des légumes, des soupes, des viandes ! Et
le moulin à légumes ! Là aussi une merveilleuse invention de Mr Mantelet qui donna du
travail à bien des foyers.
Annuellement nous avions la visite de la maison
Dedieu
, des commerçants ambulants
qui vendaient du linge, des vêtements de travail en velours, très appréciés par les carriers.
L’hiver pour travailler dehors, il fallait se protéger du froid. Ils vendaient aussi les bleus de
marque « Lafon », très solides, de la mercerie, des chaussettes, des bretelles, des ceintures,
des sous vêtements, des chemises, des draps bref tout ce dont la maîtresse de maison avait
besoin.
Des vendeurs chinois nous rendaient visite également, ils déambulaient à la belle
saison avec beaucoup de maroquinerie, de la mercerie, des montres, des tapis, des ombrelles.
Ils étaient chargés comme des baudets, se présentant toujours avec le sourire. Venait aussi
annuellement un représentant en prêt à porté des «
Les Dames de France
» filiale de
Manufrance. Il venait surtout voir Mme Collet couturière avec qui travaillait Mme Aillard. Il
leur proposait de la mercerie fils divers, extraforts, gros grains et des tissus que ces dames
proposaient aux clients.
Les familles n’avaient pas beaucoup de pouvoir d’achat. Les hommes gagnaient peu
et il n’y avait pas de travail pour tout le monde. Ces années 1930-1940 et puis la guerre
furent très difficiles pour toutes les familles. L’absence du chef de famille, le manque de
moyens, habillement, chaussures, (l’abondance des magasins actuels), se faisait sentir.
Le grand chagrin.
Le 18 Mai 1943 vers 17 heures 30, un drame terrible va venir s’abattre sur notre
famille et jeter la consternation dans toute la commune. Ma sœur Gisèle, âgée de dix ans est
victime d’un très grave accident en allant faire une commission.
Nous avions l’habitude d’aller chercher le pain à la Boissière, chez
Mr Huard
, nous savions
le danger que représentait la route Nationale que nous devions traverser. Ce soir là au
moment où Gisèle arrive en haut du chemin de la Boissière, deux grandes copines d’école
Ginette et Paulette, reviennent avec leur pain sous le bras. Te voilà Gisèle, on t’attend nous
descendrons toutes les trois ! Ginette et Gisèle étaient deux copines inséparables, elles
échangeaient même leurs vêtements, jouaient, allaient à l’école ensemble se recherchaient
comme deux sœurs.
Ce soir là, je me rappelle être assis sur la marche de l’entrée de la maison, un plateau
sur les genoux épluchant les légumes pour la soupe. Maman s’affairait à plier son linge
qu’elle venait de ramasser. Une dame que je ne connaissais pas s’adressa à
Mme Collet
notre voisine, Mme Pellegrini s’il vous plait ? C’est à coté répondit
Mme Collet
, Maman,
entendant notre nom, se précipita. Madame, votre petite fille a eu un léger accident ! Mon
dieu ce n’est pas possible ma petite Gisèle ? Maman attrapa un gilet à la hâte et partit en
courant accompagnant cette dame.
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