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Le grand désarroi
Moi ne sachant que faire,
Mme Collet
me dit, ne bouge pas je suis là. J’avais
l’habitude de mettre la soupe à cuire et la voisine étant près de moi surveillait ce que je
faisais.
Mme Préaux
arriva, échangea quelques mots avec
Mme Collet
et me dit : « prends
ton paletot je viens te chercher. Mais Maman et ma sœur Gisèle qui ne reviennent pas ? Ne
t’inquiète pas, tu les reverras plus tard, viens avec moi, tu vas retrouver Ginette et Bernard.
Ta Maman viendra te chercher si tôt qu’elle le pourra ».
Je sentais bien que quelque chose de grave était arrivé, mais on ne me disait rien. Je
dus attendre trois jours, sans voir Maman, et
Mme Préaux
m’expliqua que ma petite sœur
était partie au ciel.
C’est à l’école que j’appris que ma sœur avait été renversée, à la Boissière, tuée sur le
coup. Elle s’était engouffrée derrière un camion sans faire attention au car qui le suivait, le
chauffeur du car ne put l’éviter.
Plus tard, Madame Préaux très triste m’emmena à la maison. Quand on entra je
trouvais tout le monde en pleurs, j’allais embrasser Maman qui sanglotait le visage plein de
larmes. Mme Préaux me prit par la main et m’emmena dans la chambre de mes parents, je
découvris ma petite sœur endormie : Embrasse là me dit elle, je garde encore le souvenir de
ce baiser sur sa joue de marbre, je ne l’oublierai jamais.
Vous dire le chagrin que nous avons eu, après ce terrible drame. Pour Maman toute sa
vie elle n’a cessé de penser à sa petite fille pleine de vie, que tous les proches appelaient
« Taupinette ».Quelques jours encore avant de nous quitter dans sa quatre vingt dixième
année, Maman nous disait avec ma sœur au cours d’une visite : Mes enfants je crois que mes
jours sont maintenant comptés. Ma petite Gisèle et mon petit père (
parlant de Papa
)
m’attendent, je vais aller les rejoindre. Voyez ! Jamais elle n’avait pu admettre que le bon
dieu lui enlève cette petite bien aimée. « Taupinette ».
Ce surnom lui était venu de la part d’amis très proches. Gisèle dansait sautillait
toujours, or à la foire chandeleur, ces amis nous avaient emmenés et sur un stand loterie une
petite fille dansait : elle s’appelait « Taupinette ». « Ce nom te va fort bien » dit l’homme.
Mr et Mme Gouhier
, ils habitaient la Boissière, ils n’avaient pas d’enfants et Gisèle était en
quelque sorte leur petite fille. Ils descendaient souvent les soirs d’été, passer la veillée avec
nous, l’hiver nous jouions aux cartes, manille ou « coinchée ».
L’achat de la maison et ses travaux
En 1950, j’étais au travail depuis plus d’une année, Papa avait conclu un accord avec
Mr Bignet
notre propriétaire pour acheter la maison. Je me mis au travail, peintures
extérieures, volets, fenêtres, portes, pour redonner un autre aspect à l’habitation. Pour
procéder à la récupération des eaux pluviales qui inondaient la cour les jours de grandes
pluies, je fis des tranchées pour y enterrer des tuyauteries. Pour la rénovation de l’intérieur de
la maison, il fallut déplacer la cloison, la chambre des parents étant trop petite. On supprima
la cheminée, j’installais un évier, avec des tablettes carrelées pour desserte et je posais des
carreaux de faïence en revêtement au dessus de l’ensemble. On fit l’acquisition
exceptionnelle pour l’époque, d’un réchaud à gaz butane. Quel événement ! Le réchaud à
alcool était remplacé.
Et surtout un robinet que j’installais sur l’évier grâce à l’eau sous pression produite
par un groupe pompe automatique aménagé dans la soue à Casimir. Pour cela je fis une
tranchée pour aller rejoindre le puits. «
l’eau au
robinet
» sur l’évier ! Je suis sûr que mes
Parents ont été dans les premières personnes, à avoir l’eau au robinet dans la commune.